De Claris orat
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vertir ces emprunts faits à une langue étrangère, en monnaies frappées au coin du génie latine Bref, il érige le néologisme en système, et se glorifie de ses hardiesses. De là cette obscurité laborieuse, cette recherche du pittoresque, cette bizarrerie de formes qui prêtent au style d'Apulée un caractère d'étrangeté dont l'œil est frappé à première vue. Mais, ce qui n'est pas moins évident, c'est que le rhéteur africain eut en cela pour complices tous ceux qui l'admirèrent : cette absence de simplicité et cette audace dans l'expression convenaient trop à l'esprit du temps pour ne pas obtenir un succès facile; et l'on ne court nul risque d'exagérer l'influence d'Apulée en disant que les défauts comme les qualités de cet écrivain, qui passait dans l'esprit de saint Augustin pour un homme d'une grande éloquence-, se réfléchissent dans la littérature africaine des siècles suivants.
Je tenais. Messieurs, à décrire l'état des lettres en Afrique au moment où l'éloquence chrétienne était appelée à y jeter un si vif éclat. Certes, les premiers écrivains de l'Église latine ne trouvaient plus autour d'eux cette belle langue qu'avaient maniée Gicéron et Virgile : en passant par les écoles des rhéteurs et des grammairiens de la décadence, l'idiome latin avait perdu de son élégance et de sa pureté ; et il serait peu juste d'en imputer la faute à ceux qui n'ont fait que recevoir des mains de leurs devanciers un instrument sur lequel les auteurs païens avaient
1. « Nomina etiam Romanis inusitata, et in hodiernum, quod sciam, infecta; ea tamen nomina labore nico et studio ita de Graecis provenire, ut tamen latina moneta percussa sint. » {Apolog.)