I. Maximes et réflexions, p
'2. Théologie morale, par Mgr Gousset, Paris, t. I", p. 203. 3. u Officium histrionum non e?,i secundum se illicilum. » Sum,, part. Il, 2, quaest. 168, art. 3. — Bossuet, Maximes et réflexions, p. 580 et suiv.
locales, qui du reste s'expliquent facilement lorsqu'on songe que les lois romaines allaient jusqu'à déclarer les comédiens infâmes. Ce qu'il y a de certain, c'est que tous les moralistes chrétiens s'accordent à voir dans les spectacles une source de dangers , tant pour les acteurs que pour les spectateurs. Si Tertullien s'attaque au principe même du théâtre comme mauvais en soi, c'est une exagération bien excusable lorsqu'on réfléchit aux désordres qu'entraînaient les spectacles du paganisme.
On opposait au prêtre de Garthage une difficulté que Bossuet et Rousseau ont examinée à leur tour : après tout, disaient les défenseurs du théâtre, il faut à l'homme des divertissements. Gomme saint Jean Ghrysostôme, traitant plus tard le même sujet devant le peuple d'Antioche \ Tertullien s'élève à une haute éloquence, quand il montre au chrétien les beaux spectacles de la nature que Dieu nous met sous les yeux et les grandes choses de la foi qu'il nous est donné de contempler :
« Eh bien , je vous Taccorde, s'écrie-t-il , il faut à l'homme des délassements. Pourquoi donc êtes-vous assez ingrats pour ne pas estimer suffisants les plaisirs si nombreux et si variés que Dieu vous a mis sous la main? Quelle jouissance plus intime que notre réconciliation avec Dieu le Père et avec Notre-Seigneur, que la révélation de la vérité, la connaissance de nos erreurs passées et le pardon de tant de crimes commis autrefois? Quel plaisir plus grand que le dégoût du plaisir même, que le mépris du monde entier, avec la vraie liberté, une conscience