‹ Tertullien (volume 4)Chapitre 102 sur 223 · De Spectac, xxiii · texte numérisé non relu

De Spectac, xxiii

encore le mélange des deux sexes sur la scène ne soit pas de nature à écarter toute espèce de difticultés. Bossuet lui-même reconnaît qu'il peut y avoir des représentations innocentes ^ Gela suflit pour qu'on ne doive pas envelopper tous les drames dans une condamnation absolue. De même , quoi qu'en disent Tertullien et Rousseau , le spectacle n'étant pas illicite de sa nature, la profession des acteurs et des actrices, quoique généralement dangereuse pour le salut, ne doit pas être regardée comme une profession absolument mauvaise-. C'est le sentiment de saint Thomas, suivi par saint Antonin, saint François de Sales , saint Alphonse de Liguori ; et Bossuet me paraît avoir trop restreint le sens du mot histriones employé par l'Ange de l'École, quand il veut y voir uniquement les baladins ou les jongleurs qui divertissent le peuple ^ Loin de moi la pensée de vouloir blâmer l'ancienne discipline de l'Église de France, aujourd'hui tombée en désuétude, d'après laquelle les comédiens étaient regardés comme excommuniés. Mais je ne puis m'empêcher de faire remarquer que tel n'a jamais été le sentiment suivi par l'Église universelle. Le règlement particulier établi à ce sujet par le concile d'Arles, en 31A, n'a été fait qu'à l'occasion des spectacles païens, et l'on peut même douter qu'il y soit question d'une censure à encourir par le fait même, ijyso facto. J'insiste quelque peu sur ces détails, pour qu'on n'impute pas h l'Église entière des sévérités

Page 1