De IduloL, XVI
LA Vit CUIIÉTIKNNE AU MILIEU DU l'AGAMSME. 1257
laquelle on aurait pris à témoin quelque divinité païenne ; mais, à force d'appuyer sur cette défense, le prêtre de Cartilage semble vouloir proscrire comme illicite toute espèce de serments Ce penchant au rigorisme se retrouve également dans la question bien autrement grave des emplois et des charges publiques. Tertullien ne va pas jusqu'à déclarer les dignités de l'État incompatibles avec les devoirs de la vie chrétienne ; mais il y met des conditions qui en devaient fermer l'accès aux fidèles, en exigeant du magistrat qu'il n'enchaîne ni n'incarcère personne, qu'il ne décide jamais de la vie ou de l'honneur de ses semblables : c'était se faire une idée défectueuse de la douceur évangélique, qui n'exclut pas le moins du monde la juistice. Même exagération par rapport aux marques extérieures du pouvoir. Par cela seul qu'on revêt les idoles de la prétexte , de la trabée , du laticlave, qu'on porte devant elles les verges et les faisceaux, Tertullien prétend qu'un magistrat chrétien doit renoncer à de pareils insignes, sous peine d'en être souillé. Personne, dit-il, ne peut paraître sans tache sous un habit couvert de taches. On ne manquait pas de lui répondre par l'exemple de Joseph et de Daniel qui, à la cour de rois idolâtres, n'avaient pas rejeté les ornements en usage parmi les Égyptiens et les Babyloniens. L'austère moraliste n'admet pas ce rapprochement : il se retranche dans la pauvreté évangélique et en appelle avec confiance aux humiliations du Christ. J'admire certainement l'éloquente fierté avec laquelle il foule aux