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2G2 TRAITÉ DE l'idolâtrie.
tant à étudier, parce qu'il marque le commencement des erreurs qui vont s'enchaîner dans sa vie. Certes , à voir le zèle que déploie l'austère moraliste contre tout ce qui rappelle le polythéisme, on ne saurait suspecter la droiture ni la pureté de ses intentions. Cette vive opposition à des coutumes et à des pratiques qui lui semblaient inconciliables avec l'Évangile, partait d'une âme profondément chrétienne. Mais le zèle le plus pur peut devenir dangereux quand il n'est pas tempéré par la prudence. Or nous avons déjà pu observer que, chez TertuUien, la sûreté du jugement n'égale pas toujours la chaleur des convictions. Lui qui sait faire preuve dans l'occasion d'un admirable bon sens, perd toute mesure quand la passion vient se jeter en travers. La contradiction l'irrite et le fait sortir des bornes de la sagesse : alors il ne voit plus que l'objection qu'il a devant lui, et dans l'ardeur qu'il met à réfuter la thèse de ses adversaires , il exagère la sienne. Ajoutez à ce défaut de modération dans le caractère un penchant vers les opinions extrême^, vers tout ce qui peut rétrécir le domaine de la liberté et élargir le cercle de la loi. Assurément, il n'y a que les âmes fortes qui puissent être tentées de vouloir imposer à la nature humaine un joug trop sévère , et le stoïcisme trouvera toujours plus d'admirateurs que la morale épicurienne ; mais enfin il n'y a pas un moindre péril à décourager la vertu qu'à flatter le vice. Cela posé. Messieurs, vous devinez sans peine à quel danger allait être exposé le prêtre de Carthage. 11 était évident que son rigorisme soulèverait des réclamations : non -seulement le parti relâché ne devait pas lui pardonner la vivacité de ses
attaques, mais encore les hommes les plus sincèrement dévoués aux intérêts de T Évangile ne pouvaient que désapprouver ces théories excessives. Bref, Tertullien allait se trou^ er entre le bkime des uns et l'irritation des autres. Redoutable épreuve pour un homme de génie que ses bonnes intentions mêmes peuvent contribuer à entretenir dans l'illusion! Dans ces moments critiques, le talent au lieu d'éloigner le péril ne fait que le rapprocher, quand il n'a pas pour préservatif la grande vertu de l'humilité chrétienne. Averti à temps par la voix de l'autorité, l'impétueux écrivain va-t-il s'arrêter sur la pente qui l'entraîne? Ou bien n'écoutant que sa raison propre et ses ressentiments, s'engagera-t-il plus avant dans la voie où il vient d'entrer? La réponse à cette question se trouve dans les divers traités qui ont suivi celui de V Idolâtrie,
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