s. Irénée, adv. Hœr., i
frances nous exemptent du supplice. Nier de bouche que l'on soit chrétien, ce n'est pas renier le Christ, dont la foi vit en nous. Les valentiniens prenaient un autre chemin pour se dérober au martyre : entraînés par leurs idées extravagantes sur la vie future, ils prétendaient que la confession de la foi doit se faire devant les Éons du monde invisible, qui sont les véritables hommes, et non devant les créatures du Démiurge dont se compose le siècle présent ^ Certainement, on a tout lieu d'être surpris que de pareilles interprétations aient pu trouver de l'écho parmi les fidèles ; mais il ne faut pas perdre de vue que l'ignorance des uns et la faiblesse des autres offrent toujours un accès facile aux théories qui favorisent le relâchement. En général, les hommes ne demandent pas mieux que de pouvoir mettre les paradoxes de l'esprit au service des aberrations du cœur. D'ailleurs, on se ferait une idée chimérique des premiers siècles de l'Église, si l'on s'imaginait que tous les fidèles y fussent enflammés d'un égal zèle pour la foi. Comme à toutes les époques, il y avait alors beaucoup de chrétiens en l'air, suivant l'expression de Tertullien, des esprits timides, irrésolus, qui flottaient à tout vent de doctrine -. Une casuistique qui les dispensait de souffrir pour la religion devait leur être agréable. Pour déjouer ces manœuvres perfides de l'hérésie, TertuUien résolut de combattre les détracteurs du martyre dans une pièce destinée à glorifier ce grand acte de vertu chrétienne.
Nous l'avons fait remarquer plusieurs fois, un des