‹ Tertullien (volume 4)Chapitre 176 sur 223 · De Patientia, xi · texte numérisé non relu

De Patientia, xi

LA VERTU ciicktienne:. 385

assuré dans les mains de Dieu. Es-tu offensé? confie -lui ton outrage, il te vengera; dépouillé? il se chargera delà restitution; dans la douleur? il sera ton médecin ; menacé de la mort? il te ressuscitera. Admirable privilège de la patience, que d'avoir Dieu pour débiteur. Et certes avec raison ! Car c'est elle qui protège tous ses décrets, elle qui intervient dans tous ses commandements. La patience fortifie la foi, règle la paix, soutient la charité, forme l'humilité, dispose à la pénitence, met le sceau à la confession , gouverne la chair, maintient l'esprit , refrène la langue, arrête la main, foule aux pieds les tentations, repousse les scandales, consomme le martyre. La patience console le pauvre et inspire la modération au riche ; elle n'accable pas celui qui est faible et n'épuise point celui qui est fort ; elle réjouit le fidèle , attire le gentil, concilie au serviteur la bienveillance du maître, et au maître celle de Dieu. La patience est l'ornement de la femme comme elle sert d'épreuve à l'homme; on l'aime dans l'enfant, on l'estime dans le jeune homme , on l'honore dans le vieillard : elle est belle dans chaque sexe et à tout âge ^ »

Il y a bien dans ce brillant tableau des effets de la patience quelque profusion de traits. Tertullien se plaît à ces accumulations de mots qui épuisent toutes les nuances de l'idée qu'il veut rendre; mais, s'il est facile d'y reconnaître le goût et la rhétorique de l'époque, vous aurez admiré comme moi l^énergie que prêtent au discours ces propositions courtes et vives, qui se pressent avec la

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