‹ Tertullien (volume 4)Chapitre 175 sur 223 · De Patient ia, v · texte numérisé non relu

De Patient ia, v

pratique de la charité sous toutes ses formes, résignation au milieu des souffrances corporelles, voilà autant d'applications particulières de la vertu morale dont TertuUien entreprend l'éloge ^ Mais bien qu'à certains égards la patience ne soit pas étrangère à ces différentes manifestations de la sainteté, il est vrai de dire que l'auteur donne à son sujet une extension qui en élargit trop la notion : il confond la patience avec la force dont elle n'est que l'élément passif. L'exagération dans la louange comme dans le blâme est un écueil contre lequel vient échouer trop souvent l'âme ardente du prêtre de Carthage. Sénèque était tombé dans le même défaut, lorsque, pour prémunir ses lecteurs contre la colère, il s'ingéniait à prouver qu'elle est le plus grand de tous les vices ^ C'est une tentation assez naturelle à certains écrivains de se passionner pour le sujet qu'ils traitent, à tel point qu'ils ne voient plus rien au delà soit en bien soit en mal. Ces traces de déclamation sont moins sensibles quand TertuUien et Sénèque tracent la peinture, l'un, du vice qu'il attaque, l'autre, de la vertu qu'il défend. x\près avoir montré que la patience chrétienne, inspirée par la grâce divine, formée sur l'exemple et les préceptes de Jésus- Christ, est ordonnée par rapport à la béatitude céleste qui est la fin de toutes les vertus surnaturelles ^ Tertullien ramasse tout son traité dans une page où éclate le talent de ce grand peintre :

(( Il est donc bien vrai que la patience est un dépôt

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