Théodicée^ t. ii, p
t\\k TRAITÉ DE l'oraison DOMINICALE.
ture sont constantes et générales : fort bien , mais le jeu en est d'une souplesse et d'une élasticité indéfinies; mais l'application peut en être prodigieusement variée : il y a dans ce mouvement des forces et des éléments du monde upe place immense pour l'action libre de la Providence, sans qu'elle ait besoin de recourir au miracle pour exaucer nos prières. Les lois de la nature perdront-elles de leur régularité parce qu'il plaît à Dieu d'en combiner le jeu flexible pour l'accomplissement de ses desseins? Un incendie éclate : nul doute que la combustion ne soit un phénomène physique ; mais les lois de la nature exigeaient -elles rigoureusement qu'cà tel jour, à telle heure, un homme laissât tomber une étincelle dans telle maison plutôt que dans une auti-e, qu'il ne se trouvât personne pour arrêter le feu dès le principe, que le propriétaire fut absent pendant le désastre, etc. , etc. ? Qui ne voit que les circonstances auraient pu être toutes différentes, s'il avait plu à Dieu de les modifier par un concours de causes morales et physiques dont sa main seule possède la direction ? Ce raisonnement est applicable à toutes les situations de la vie. Conséquemment, ce n'est pas une suspension des lois de la nature ou un .miracle que nous demandons par la prière ; mais nous supplions humblement le Seigneur de diriger le cours des événements vers la fin que nous désirons , si cette fin est conforme à sa volonté générale d'agir en vue de sa propre gloire et pour le bien de ses créatures. Voilà le véritable sens de la prière chrétienne. Tertullien ne cédait donc pas à une vaine illusion lorsqu'il résumait les effets de la prière dans la belle page
LA PRIÈRE CHRÉTIENNE. * /il5
que nous lisions tout à l'heure. D'accord avec la raison qui nous fait voir dans cet acte religieux un besoin et un devoir, il s'appuyait , en outre , sur la tradition universelle du genre humain et sur la révélation divine. « Les hommes, disait M. de Maistre, en traitant le même sujet, ont toujours et partout prié. Ils ont pu sans doute prier mal : ils ont pu demander ce qu'il ne fallait pas , ou ne pas demander ce qu'il fallait, et voilà l'homme; mais toujours ils ont prié, et voilà Dieu^ » L'universalité de la prière est , en effet , une preuve irrécusable de sa légitimité. Si l'homme n'a cessé d'aflirmer par là sa dépendance de l'Etre souverain, c'est qu'il a compris en tout temps et en tout lieu que le refus de cet hommage est une révolte ouverte de l'orgueil contre Dieu. Les sophistes ont beau vouloir ébranler cette croyance générale : retranché dans sa foi, le genre humain les laisse dire et continue de prier.
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TRAITK DL BAPTÊME. ^17