‹ Tertullien (volume 4)Chapitre 195 sur 223 · TRAITÉ DU BAPTÊME · texte numérisé non relu

TRAITÉ DU BAPTÊME

surtout le baptême. Rien, assurément, qui réponde mieux à sa nature : vipères, aspics, serpent royal lui-même, tous les reptiles de cette espèce recherchent d'ordinaire les lieux secs et arides. Pour nous, petits poissons, qui suivons Jésus-Christ notre chef, nous naissons dans l'eau, et nous ne saurions trouver le salut hors d'elle. Aussi Quintilla, monstre hideux, qui n'avait pas même le droit d'enseigner la vérité, a-t-elle trouvé le meilleur secret de donner la mort à ces poissons : elle les enlève à l'eau qui les fait vivre ^ »

Cette dernière métaphore pourra sembler trop hardie à ceux qui ne sont pas familiers avec le symbolisme chrétien des premiers siècles. L'emblème du poisson, pour désigner le Christ et ses disciples, est un des plus anciens dont nos pères aient fait usage. C'était comme un mot d'ordre ou un signe de reconnaissance pour les fidèles dispersés au milieu des païens. Comme le baptême se conférait le plus souvent par immersion, cette naissance spirituelle dans l'eau faisait naître d'elle-même la comparaison qu'emploie Tertullien. De plus, le Sauveur avait appelé les apôtres des pêcheurs d'hommes, et assimilé l'Église à un filet jeté en pleine mer et recueillant des poissons de toute espèce. Enfin, par une coïncidence singulière, les cinq lettres du mot grec qui signifie poisson servent également d'initiales aux cinq termes de cette inscription : Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur -. De là vient que le symbole du poisson apparaît si fréquemment

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