‹ Tertullien (volume 4)Chapitre 43 sur 223 · Ibid., I · texte numérisé non relu

Ibid., I

des stoïciens, veut expliquer la mythologie par la physique et réduire les dieux de la fable aux éléments déifiés, Cicéron, toujours caché derrière Cotta, lui démontre que ce mode d'interprétation, qui tend à identifier Dieu avec le monde, l'emporte en déraison sur les croyances de la multitude ^ En parcourant ces pages, on est tenté quel- ({uefois de se croire en présence d'un écrit d'Athénagore ou de Tertullien : tant les doctrines païennes offraient de prise à l'attaque. Mais s'il y a de l'analogie entre certaines parties du traité de Cicéron sur la Nature des dieux et les monuments de l'apologétique chrétienne, la conclusion diffère du tout au tout. A la vue du désaccord qui règne entre les maîtres de la science sur des questions dont dépend la direction de la vie, Cicéron désespère de pouvoir arriver à la certitude. Lui, qui excelle à ruiner les opinions de ses devanciers, avoue franchement son impuissance à rien édifier lui-même, et sa conclusion finale en matière religieuse, c'est qu'il faut savoir douter.

(( La diversité et la contrariété môme qui se remarquent dans les opinions des plus savants sur la nature des dieux, font bien voir que le fondement, le principe de la philosophie, c'est d'ignorer; et par conséquent que les académiciens ont eu raison de suspendre leur jugement dans des choses incertaines... Ce n'est pas que nous prétendions qu'il n'y ait rien de vrai. Nous disons seulement que le faux est mêlé partout de telle façon avec le vrai, et lui ressemble si fort, qu'il n'y a puiiil de marque

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