‹ Tertullien (volume 4)Chapitre 42 sur 223 · Ad Nationes, ii · texte numérisé non relu

Ad Nationes, ii

'2. Ibid., II, 4.

célèbre, un des plus importants qui soient sortis de la plume de Gicéron. Je ne pense pas qu'il se soit rencontré dans l'antiquité païenne un esprit qui ait mieux compris tout ce qu'il y avait d'incertitude parmi les philosophes sur ces graves matières ; et si les discours de TertuUien aux nations avaient besoin d'être justifiés par un document quelconque, il suffirait de lire l'ouvrage dont je parle. Pour exprimer la lutte des ditférents systèmes sous une forme dramatique, l'auteur met en scène un épicurien, un stoïcien et un académicien. Ces trois interlocuteurs se combattent entre eux et se réfutent l'un par l'autre. Velleius, qui parle au nom d'Épicure, passe en revue toutes les théories imaginées depuis Thaïes jusqu'à Chrysippe et les détruit successivement, comme le feront plus tard les apologistes chrétiens; et je dois ajouter que ses objections égalent en force celles du prêtre de Carthage^ Les contradictions de Platon, en particulier, sont relevées dans ce discours avec une vigueur et une netteté que les écrivains des premiers siècles de l'Église n'ont point dépassées. Après avoir discuté les opinions des philosophes, Yelleius critique les fables des poètes et les préjugés populaires, en suivant le même ordre que TertuUien. Vient le tour de Cotta, sous le masque de qui Gicéron aime à se cacher. D'abord, l'académicien n'a pas de peine à réfuter les sentiments propres aux disciples d'Épicure ; ensuite il fait une charge à fond sur l'anthropomorphisme des poètes et sur ce qu'il appelle les dieux des ignorants^. Puis, quand Balbus, à l'exemple

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