‹ Tertullien (volume 4)Chapitre 45 sur 223 · De Xat. deo>*Mw, i, 1, 5,0, 21 ; ii · texte numérisé non relu

De Xat. deo>*Mw, i, 1, 5,0, 21 ; ii

des questions où il y va de tout riiomme, des devoirs de sa vie présente comme de ses destinées futures. En place du doute qui est le dernier mot du traité sur la Nature des dieux ^ l'auteur des Discours aux nations met une connaissance certaine, appuyée sur la double autorité de la raison et de la foi. 11 n'agit pas à la façon du critique païen qui se fait un malin plaisir de mettre à nu la faiblesse des systèmes d' autrui, sans rien affirmer de meilleur pour son compte. S'il démolit à son tour les fragiles constructions de la sagesse humaine, c'est uniquement pour y substituer le majestueux édifice de la vérité divine. Voilà le trait qui sépare entre elles l'argumentation de Tertullien et la critique de Cicéron. Mais, à part cette différence qui est capitale, l'orateur romain s'accorde avec le prêtre de Carthage sur la valeur des théories philosophiques du vieux monde. Cette ressemblance éclate encore davantage dans l'appréciation de la mythologie poétique et des superstitions populaires.

Après avoir montré que les philosophes, en divinisant les éléments de la nature, n'ont fait qu'entasser erreurs sur erreurs, l'apologiste africain s'attache à prouver que les divinités imaginées par les poètes ou adoptées par les différents peuples ne méritent pas l'attention d'un esprit sérieux. Ce sont des hommes qui ont vécu sur la terre à diverses époques de l'histoire, et auxquels une vaine complaisance a attribué le caractère de la divinité. Encore ne sont-ce pas les plus vertueux qui ont été jugés dignes de cet honneur, mais on dirait que le paganisme tenait à choisir pour objet de son culte tout ce qu'il y a eu de plus dépravé parmi les mortels. Vous concevez faci-

lement, Messieurs, à quelle sanglante ironie prêtait un pareil thème. Tertullien, que la pente naturelle de son esprit portait vers la satire, trouvait là une ample matière à sa verve railleuse ^ C'est pour les dieux spécialement adoptés par les Romains qu'il réserve ses traits les plus mordants. La moitié de son discours est consacrée à la critique des superstitions de la capitale du monde. Comme il suit pas à pas l'écrit de Yarron, dont le témoignage était irrécusable, nous rencontrons dans cette relation caustique des détails qu'on chercherait vainement ailleurs. On peut juger par cette nomenclature de divinités plus étranges les unes que les autres, à quel degré d'abêtissement était arrivé l'esprit religieux des anciens Romains. Pas d'acte de la vie, de fonction corporelle, pas de maladie même qui n'eût son Dieu; et ces protecteurs chimériques avaient des noms tels que Consevius, Fluvionia, Vitumnus, Sentinus, Diespiter, Candelifera, Prorsa, Farmus, Albana, Runcinia, Potina, Edula, etc. Il n'est aucun peuple qui ait poussé l'apothéose à un plus haut point d'extravagance. « Je ne parlerai pas d'Ascensus, leur disait Tertullien, dieu qui vous aide à monter, ni de Lévicola qui préside aux pentes, ni de Forculus, sous la protection de qui sont les portes, ni de Cardéa, déesse des gonds, ni de Limentinus, à qui est consacré le seuil, ni enfin de tous ces dieux de portiers. Faut-il s'en étonner, puisque vous avez des divinités pour les prisons et pour les cuisines-?)) C'est donc avec raison que, s' attaquant principalement aux folies du peuple roi, le prêtre de Carthage

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