‹ Tertullien (volume 4)Chapitre 6 sur 223 · nist.^ 1. VII, c. IX · texte numérisé non relu

nist.^ 1. VII, c. IX

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convertissent à Dieu, ou qu'ils ne changent de foi et de religion ^ ? »

Peut-être y a-l-il quelque teinte d'exagération dans ces invectives de Salvien dont la censure est souvent un peu outrée ; mais il faut évidemment que des désordres trop réels aient donné lieu à un tel blâme. Ce dérèglement de mœurs que les auteurs païens eux-mêmes reprochent à l'Afrique explique bien des choses dans les monuments de l'éloquence chrétienne. Quand nous entendrons Tertullien tonner avec tant de véhémence contre les vices dont il est témoin, et déployer dans la règle du devoir une sévérité qui nous paraîtra excessive, nous nous rappellerons au milieu de quelle société il parlait, quelle effroyable corruption il voyait autour de lui, et ce souvenir en diminuant notre étonnement, nous fera juger avec indulgence l'austère moraliste jusque dans les écarts où l'a entraîné une indignation vertueuse. C'est ainsi qu'à la vue des désordres qui régnaient en France, au xvii'' siècle, à la cour et dans les rangs de la noblesse, une école célèbre a pu en venir à ce rigorisme qui sacrifie la miséricorde à la justice et oublie le pardon pour ne plus se souvenir que du châtiment : de tels excès, si une saine doctrine ne peut les approuver, trouvent du moins leur excuse dans les circonstances qui les provoquent et dans le sentiment de la vertu qu'ils supposent.

Je n'aurais pas. Messieurs, décrit suffisamment le milieu dans lequel ont vécu les orateurs chrétiens dont nous commençons l'étude, si je n'ajoutais en même temps

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