Tacite, Ann., ii, 52; m, 71, 73; iv
A l'Époque de tertullien. 13
sation ancienne, tous les vices d'une corruption effrénée. Transportées sous le ciel de l'Afrique, où les passions sont plus vives, les habitudes voluptueuses des Romains de la décadence v avaient amené un débordement de mœurs dont l'histoire offre peu d'exemples. Réduit à des pratiques superstitieuses sans efficacité pour la conduite de la vie, le culte païen y favorisait le désordre plutôt qu'il ne l'arrêtait. Tous les écrivains de l'époque s'accordent à dépeindre l'état moral de l'Afrique romaine sous les plus sombres couleurs. Hérodien, en particulier, nous apprend à quel point le luxe et les plaisirs avaient énervé et amolli les habitants de la nouvelle Carthage ^ Du reste, il me suffira de vous citer une page de Salvien, écrite plus tard, il est vrai, mais qui devait s'appliquer avec bien plus de raison à une époque que le christianisme n'avait pas encore pénétrée au même degré de son influence salutaire. (( J'ignore, s'écrie l'éloquent prêtre de Marseille, s'il est un vice qui ne se trouve pas chez les Africains, et cela presque chez tous. Parle -t- on d'inhumanité? Ils sont cruels. D'ivrognerie? Ils sont adonnés au vin. De fausseté? Ils sont trompeurs. De fraude? Ils sont voleurs. De cupidité? Ils sont avides de gain. De perfidie? Il n'y a pas d'hommes moins sincères qu'eux. . . Qui ne sait que l'Afrique entière a toujours brûlé du feu des passions obscènes? Vous diriez non pas une terre ou un séjour habité par des hommes, mais un Etna qui vomit des flammes impures... Qui ne ^ait que l'impudicité règne généralement parmi les Africains, à moins qu'ils ne se