‹ Tertullien (volume 4)Chapitre 69 sur 223 · Ibid., X · texte numérisé non relu

Ibid., X

1/|0 l'apologi-tique.

son prix, décernée par des hommes qui se la donnent à eux-mêmes. Du reste, quoique ^erva ait reçu de vous des autels, des coussins sacrés, un flamine, rien n'en fait plus sûrement ni plus visiblement un dieu que vos qualités personnelles ; car, pour un prince qui a payé tribut à la nature après avoir disposé de l'empire, il n'est qu'une preuve, mais une preuve infaillible de divinité, ce sont les vertus de son successeur K »

Ainsi, de ce que Trajan a des vertus, il s'ensuit que Nerva qui l'adopta est un dieu. Si la manie de l'adulation n'expliquait pas de telles paroles, il faudrait y voir le comble de la déraison. Voilà le monde que le christianisme avait en face de lui. C'est à des esprits imbus de pareils préjugés qu'il fallait enseigner la distinction de l'ordre divin et de l'ordre humain, l'incommensurable distance qui sépare Dieu de l'homme, et la fragilité d'une créature qu'un rien fait tomber en poussière, par rapport à l'Être suprême qui tient nos destinées entre ses mains. L'entreprise était moins facile que nous ne le pensons, nous à qui de telles vérités sont devenues familières : aussi l'éloquence chrétienne mit-elle toute son énergie à combattre ces folles prétentions qui tendaient à confondre l'homme avec Dieu :

« Je ne suis pas l'esclave de César, s'écriait TertuUien ; mon unique Seigneur, c'est le Dieu tout-puissant et éternel, le maître de César comme le mien. D'ailleurs César est le père de la patrie, comment en serait-il le seigneur? Un nom qui respire la bonté n'est-il pas préférable à un autre

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