‹ TertullienChapitre 129 sur 237 · lOid... VIII · texte numérisé non relu

lOid... VIII

L'IDIiE DE DIEU. 263

au-dessus du troisième ciel, se trouve également obligé de planter à cette hauteur-là des arbres fruitiers, comme dans les tables de Ptolémée que l'on raconte aux enfants, et où l'on voit naître des pommes dans la mer et des poissons sur les arbres. Passant ensuite à cette singulière idée des gnostiques, d'après laquelle les anges s'empareront de nos âmes pour en faire leurs épouses, il compare ce rapt céleste à Pen^ lèveraent des Sabines^ Je ne dirai pas que cet écrit soit toujours assaisonné de sel attique : le sel que Tertullien y répand ù pleines mains est souvent acre et quelque peu grossier. Tracer le portrait de Ptolémée sur celui de Valentin, c'est, dirat-il, dessiner un mulet d'après un àne^. Ces libertés de langage lui sont trop familières, comme aussi, d'autre part, il est juste d'ajouter que le goût de l'époque les tolérait sans peine. Mais ce que l'on retrouve toujours au milieu de plaisanteries plus ou moins fines, c'est le coup d'œil pénétrant du théologien, qui analyse cette fantasmagorie moitié grecque^ moitié orientale, pour en saisir le véritable sens. Le prêtre de Cartilage a fort bien vu où aboutissait le système dépouillé de sa forme mythologique : à une confusion complète de Dieu avec le monde et l'humanité. A ses yeux, cette généalogie d'Éons n'est que la série des évolutions internes de l'Etre divin, qui se développe dans le monde et arrive à la conscience de lui-même dans l'homme^. Ce panthéisme, qui est devenu celui de Hegel et de beaucoup d'autres, lui paraissait tellement absurde, qu'il n'a pas jugé à propos d'y consacrer une réfu-

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