I. .'!. Liltrr, Dictiannaire médical (art. Ame
362 CO.NTIIE MAKCIO.N ET VALEMI.N.
symphonie qui termine tout le drame*. Pour vous donner une idée de cette analyse critique où chaque mot est une ironie, je citerai la description de réchafaudage que Valcntiu avait construit dans ce qu'il appelait les cieux :
« Le poète romain Ennius s'était contenté de dire, le premier de tous, que les cénacles du ciel sont immenses, soit à cause de la grandeur du lieu, soit en raison des festins que Jupiter y donnait, d'après Homère. Mais c'est chose merveilleuse de voir combien d'élévations sur élévations, de sublimités sur sublimités, les hérétiques ont suspendues, entassées, déployées, pour fornier Thabitation de chacun de leurs dieux. Ces cénacles, qu'Ennius assigne à notre Créateur, ont été disposés dans la forme de petits appartements, superposés d'étage en étage, et distribués à chaque dieu par autant d'escaliers qu'il y a eu d'hérésies. Le monde est devenu un véritable comptoir. Vous diriez un îlot comme celui de Félix, à voir ces mille et mille degrés du ciel : oii sont-ils ? je Tignore. C'est là qu'habite le Dieu des Valentiniens, tout à fait sous les tuiles^. »
Toute la pièce est sur ce ton, et il faut bien avouer que les formes grotesques dont Valent in revêtait ses doctrines, se prêtaient d'elles-mêmes au ridicule. Tertullien épuise toutes les ressources de l'esprit pour aiguiser la pointe de ses épigrammes. C'est ainsi qu'il nomme la tétrade valentinienne le premier quadrige auquel s'attelle la secte. Il demande à l'hérésiarque pourquoi son imagination, si fertile à produire des Éons, a omis de représenter les nourrices de tous ces dieux. 11 raille le sectaire qui, plaçant Adam et le paradis terrestre
i. Adv. Valeniin., xiii, xxxiii.