Ado. Praxeaw, i
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d'autre sif^nilicalioii que celui fie lévêque d'Hippone : Pater est piincipium totius cleitatisK Yeut-on, au contraire, que Tertullien ait cuseisné une véritable inégalité entre le Père et le Fils, une division de la substance divine en deux ou trois porlious? Dans ce cas, on lui prête une absurdité qu'il a lui-nièuie combattue plus de cent t'ois. Quel autre écrivain a insisté davantage sur la parl'aite simplicité de l'Etre divin. le(piel. dit-il. n'a point de parties, est indivisible et iniinuable'^? S'il avait admis l'infériorité du Fils, il sérail retombé dans le systèmede Valentin, qui éloignaitet séparai! ses Éons de leur source, comme un afll'aiblissement ou une dégradation de la substance divine; or c'est précisément la théorie (pi'il attaque dans le traité contre Praxéas^. De quel droit pourrait-on attribuer une telle opinion à un auteur (|ui déclare en propres termes que le Père a engendré un Fils égal à lui-même, que le Fils est partout comme son Père, ([uc le Fils du Tout-Puissant est aussi tout-puissant qu'il est Dieu Fils de Dieu*, etc? Cette communauté d'attributs divins
1. s. Augustiu. de Trinit.,\\: S.Thomas d'Aquiu, Summœ, pars i, qu. 33; Bossuet, (i^ Avertissement aux prolestants. « On peut dire, dans ja pauvreté de notre langage, qu'il n'y aura dans le Fils qu'une partie df l'être du Père, puisque l'être Père n'y sera pas... le Père demeure If tout en cette façon particulière et en qualité de principe, qui, à notre façon de parler, est en lui la seule chose incommunicable. » Tome XXII, p.6i et 65. Pour qu'on n'abu?e pas de ces paroles de Bossuet, nous devons ajouter que la qualité d'être Père n'implique aucune supériorité sur la qualité d'être Fils, ni réciproquement; il en est de même pour l'Esprit- Saiut. On voit par là combien nos langues humaines éprouvent de difficulté à rendre le mystère de la vie intime de Dieu.
2. Adv. Hermog., u. " lu partes non devenire, esse indivisibilem et indemutabUem. »
3. Adv. Praxeam, vui. « Valentinus probolas suas discernit et séparât ah auctore. et ita ab eo longe poniL ul .EoU patrem uesciat. »
4i Adv. Praxeam, vu, xvu, xxiii. « Cum parem sîbi facieus ; — cuUi et
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et r unité de nature ou d'essence proclamée tant de t'ois dans le livre que nous étudions, ne sutiisent-elles pas pour prouver l'orthodoxie dt' Tertnllien sur ce poiut capital ? Ce sérail à mes yeux un vrai déni de justice que de condamner un si i^rand esprit pour une expression équivoque, sans prendre en considération les nomln-eux passages qui expli(fuent sa pensée.
Mais, me dira-t-on, nous sommes d'autant plus fondés à incriminer la doctrine de TertuUien sur la Trinité, qu'il a enseigné la corporéité de Dieu dans le traité contre Praxéas. On conçoit dès lors qu'un homme qui, pour parler le langage (le Bossuet, corporalisaii trop les choses divines, ait pu a hnettre une certaine division dans la substance éternelle. R'iit-être a-t-il été induit en erreur sur ce point par le sto'icisme, pour qui l'esprit n'est pas une substance incorporelle, mais ce qu'il y a de plus subtil, de plus délié, de plus quintessencié dans la matière. A l'exemple des disciples du Portique, il se sera fait une idée fausse de la spiritualité. Telle est l'objection reproduite, il y a quelques années, par le docteur Ritter dans son Histoire de la philosophie chrétienne^. Je dois. Messieurs, placer sous vos yeux le passage qui a pu y donner lieu :
« Qui niera que Dieu soit corps, quoique Dieu soit esprit ? Car l'esprit est un corps sui generis, avec des formes qui lui sont propres. Les êtres visibles, quels qu'ils soient, ont en Dieu leur corps et leur forme, par lesquels ils ne sont visibles que pour Dieu. A plus foi'te raiton,ce qui est engendré de sa
I''iliu3 ômnipoteutis lam dmnip'otens sit, qiiam Deus DeiFilius; — Filkis tjudque, ut iudividuus, ciiiu ipso ubiqiie. »
1, Hambourg, IS'ti, p. 3Si, 383. L'objectiou <1p Ritter vieut d'être reprise parle docteur Schwaae, Dogntengescliichte der vovnicaischert Zeit ; MiiiK^ter, 18G2. p: 168 et 16!?.
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siibstaDcc lie sera- 1- il pas sans substance. Quelle (jue soit (loue la substance du Verije, je Tappelle une personne, pour la(|uelle je revendique le nom de Fils ; et en reconnaissant le Fils, je (b'-l'eiids en lui lin second distinct du Père'. »
On ne saurait le nier, Tertulli(Mi semble ici attribuer à Dieu la corporéité ; mais toute la question se réduit à savoir dans (juel sens il prend ce mot. Or cela n'est pas douteux : il emploie le mot corps comme synonyme de substance. Pour le démontrer, je vaism"appuyer sur le contexte et sur les déclarations expresses de l'auteur. Les adversaires de la Trinilt' raisonnaient ainsi : Vous revendi(iuez pour la parole de Dieu une substance distincte ; mais qu'est-ce que la parole, sinon un effet de la voix, un son, ou, comme disent les grammairiens, Tair qui, heurté par la langue, est rendu intelligible à l'ouïe, mais d'ailleurs, un je ne sais quoi sans consistance, vide et incorporel ^ — Non, répond le prêtre de Carthage, rien de vide ni d'inconsistant n'émane de Dieu; tout ce qui procède d'une telle substance est également substantiel ; car Dieu est corps, c'est-à-dire substance ^ Et ne croyez pas, Messieurs, que pour disculper Tertnllien, je veuille lui attribuer une définition qui ne serait pas la sienne; non, cette définition, il Ta donnée lui-même : « La substance, disait-il à Hermogène, est le corps de chaque chose* » Voilà qui est net et précis. Donc en disant que Dieu est corps, pour prouver