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la siibstantialité du Verbe, il se borne à exclure la simple apparence, le pur phénomène sans consistance ni réalité. Quant à la spiritualité divine, dans le sens véritable du mot, il est si loin de la nier qu'il l'affirme formellement en écartant de l'Être divin toute composition de parties, ainsi que nous l'avons démontré tout à l'heure. Bien plus, il déclare ailleurs que le Verbe procède de Dieu, Esprit de l'Esprit, que « l'esprit est la substance propre de Dieu^ » Enfin, dans le traité de la Pénitence, il distingue entre les péchés commis à l'aide du corps, qu'on peut voir et toucher, et les péchés qui se renferment dans l'àme, invisible et intangible, montrant assez par là qu'il ne confond nullement la spiritualité avec la corporéité^. Lors donc que, dans le livre de la Chair du Christ, il énoncera des propositions comme celle-ci : « Tout ce qui existe est un corps siii generis ; il n'y a d'incorporel que ce qui n'est pas », nous nous rappellerons que, pour lui, corporel est quelquefois synonyme de substantiel. Ici encore nous sommes en présence d'une locution qui peut paraître singulière, inexacte même, mais qui ne nous permet pas le moins du monde de prêter à Tertullien une erreur que dément l'ensemble de ses ouvrages.
Il ne nous reste plus, pour tirer nos conclusions, qu'à examiner de près la doctrine du prêtre de Garthage sur l'Esprit- Saint. Le dernier critique allemand qui ait traité ce sujet avec quelque étendue, Henri Ritter, prétend que Tertullien s'est exprimé à cet égard avec beaucoup de vague et d'indécision'. Après tout ce que nous venons de voir, il nous est permis de
1. Apolofj,, XXI. « De splritu, spuilus, et de Deo, Deus, — Nam et Deus spiritus— Deum ediximus, propriam substantiam spiritum inscribimus.»