I. De Prœscript., xx
198 L'ARGUMENT DE PRESCR IPTIO.N. *
sans examen préalable, puisqu'elle est opposée à l'enseignement des Églises, des apôtres, du Christ, de Dieu. Il ne nous reste donc qu'à démontrer que notre doctrine, dont nous avons présenté plus haut le symbole, provient des apôtres, et que, par une conséquence nécessaire, toutes les autres sont fausses. Nous sommes en communion avec les Églises apostoliques, parce que notre doctrine ne diffère en rien de la leur : voilà le témoignage de la vérité *. »
Tout cela, Messieurs, est d'une force et d'une clarté irrésistibles. Au lieu de se perdre dans une discussion de textes interminable, la controverse se trouvait ramenée à quelques points simples, lumineux, péremptoires. Deux ou trois faits, faciles à constater, tranchaient la question sans réplique. Partie du sein de Dieu, la révélation chrétienne arrive aux hommes par un témoignage qui se prolonge à travers les siècles ; trois anneaux se relient entre eux dans cette magnifique chaîne de la tradition : le Christ, les apôtres, l'Église* Ce que Dieu a dit au Christ, le Christ l'a redit aux apôtres, et les apôtres l'ont répété aux Églises fondées par eux et composant la grande Église une et universelle. Donc, lorsqu'il s'agit d'apprécier la vérité ou la fausseté d^une doctrine qui se donne pour chrétienne, tout se réduit à savoir si cette doctrine est conforme à celle des apôtres, si elle remonte jusqu'à eux par le canal non interrompu de l'Église, et, par suite, d'eux au Christ, et du Christ à Dieu : en deux mots, si elle est apostolique quant à son origine ou quant à son objet. Il semblerait que nul ne dût contester un principe dont l'évidence saute aux yeux. Et pourtant les hérétiques du deuxième siècle trouvaient à y redire, sentant fort bien que c'en était