L'ARGUMENT DR PRESCRIPTION
Restait aux hérétiques une troisième position sur laquelle ils se repliaient avec confiance pour échapper à l'argument de prescription. Soit, disaient-ils, les apôtres ont connu et enseigné toute la doctrine chrétienne, mais les Églises ne l'ont pas entendue dans le véritable sens. Il est évident. Messieurs, que cette nouvelle assertion détruisait radicalement l'œuvre du Christ, en supprimant l'action permanente de l'Esprit-Saint sur l'Église, qu'il doit préserver de l'erreur. Rappeler la promesse solennelle du Fils de Dieu à cet égard, c'était mettre l'objection à néant. Mais TertuUien ne veut pas même profiter de l'avantage que lui donnerait une promesse si claire et si formelle ; il se contente d'opposer aux sectaires un fait éclatant, que ceux-ci ne pouvaient nier, savoir, l'accord parfait de toutes les Églises sur un même symbole de foi. Ce consentement unanime serait inexplicable dans l'hypothèse des adversaires ; car la multiplicité des opinions est la marque caractéristique de l'erreur, tandis que l'unité de croyance reste le trait distinctif de la vérité.
« Supposons, si vous le voulez, que toutes les Églises aient erré; que l'apôtre se soit trompé en rendant témoignage à quelques-unes d'entre elles; que le Saint-Esprit n'ait eu soin d'en diriger aucune dans le sens de la vérité, lui qui lui a été envoyé par leChristet demandé au Père pour devenir précisé' ment le docteur de la vérité; supposons que le ministre de Dieu, le vicaire du Christ ait négligé son office, laissant les Églises croire et entendre tout autre chose que ce qu'il avait enseigné par l'organe des apôtres, est-il vraisemblable que tant et de si nombreuses Églises se soient réunies pour la même erreur? Au milieu de beaucoup d'éventualités possibles, on ne saurait se rencontrer dans un résultat unique;