Eus., H E., V, 2, 5; V, 2, 6; V
avoir été une des grandes préoccupations des chrétiens de l'âge de S. Cyprien,
S'il y a un faux, ces derniers détails nous permettront d'en fixer la date et il sera possible de voir une indication de la patrie du faussaire dans l'adresse aux Asiates, aux Phrygiens et dans le beau rôle de premier plan donné au Phrygien Alexandre. Mais, comme nous ne pouvons tirer du texte même aucune certitude, voyons si nous ne trouverons pas quelques éclaircissements aux alentours.
Eusèbe lui-même nous en fournit peu : une remarque s'impose toutefois à qui lit dans son ensemble le début du livre V de son histoire Ecclésiastique; c'est que, s'il nous donne la date des événements que raconte la Lettre, il ne donne pas celle de la rédaction de ce document; ce n'est pas la preuve qu'il est inauthentique, car, en définitive, cette date pouvait se trouver dans la partie finale que nous n'avons pas ; mais c'est un argument de précision qui manque à l'authentification '.
D'autre part, aucun contemporain ne parle ni de la Lettre, ni même de l'affaire de Lyon. Les seuls qui en fassent mention, parmi les historiens ecclésiastiques, sont postérieurs à Eusèbe : Sulpice Sévère, Paul Orose, Grégoire de Tours, pour m'en tenir aux plus notables. Tous se sont évidemment inspirés ou de ÏHistoire d'Eusèbe, ou de son recueil de Passiones et de son Martyrologe, que nous n'avons plus; telles sont également les sources des martyrologes hiéronymien et romain en ce qui regarde les martyrs de Lyon \
S. Sévère et P. Orose ne disent mot de la Lettre et se contentent de signaler l'affaire ^ Quant à Grégoire de Tours \ il ne s'est peut-être pas servi de la Lettre, dont il ne fait aucune mention, et il n'insiste pas sur les conditions dans lesquelles se déroule le procès ; il est surtout préoccupé d'énumérer les martyrs par leur nom et de raconter comment ils apparaissent, après leur supplice, pour indiquer aux fidèles survivants en quel endroit il faut recueillir leurs reliques et ce qu'il en faut faire. Il y a là une tradition dont l'origine nous échappe, mais dont l'apparente précision dans l'énumération et le merveilleux est beaucoup plus fausse que le vague de la Lettre. Celle-ci indique les noms de neuf martyrs ; Grégoire en