‹ TertullienChapitre 115 sur 561 · De morte pers., 3 : non minor tyrannus ortus est · texte numérisé non relu

De morte pers., 3 : non minor tyrannus ortus est

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mais, en revanche, bien que la tradition ait assez vite attribué une persécution à Trajan, à Marc Aurèle et à Sévère, elle ne se fit point trop dure pour eux '. Cependant, à l'époque de P. Orose, la doctrine de la vengeance divine ayant fait des progrès, on dit que les écarts de ces princes leur ont attiré, de leur vivant même, un juste châtiment. Sous Trajan arrive l'incendiede la Maison Dorée ^et un tremblement de terre détruit quatre villes d'Asie'; sous Marc Aurèle divers fléaux désolent l'Italie et les provinces *; sous Sévère enfin c'est la guère civile qui ensanglante l'Empire \ Plus les chrétiens allèrent, plus leur principe de distinction entre les personnes s'affirma et se simplifia. Ils jugèrent les princes uniquement au point de vue des rapports qu'ils avaient eus avec l'Eglise et les fidèles; la singulière opinion de Grégoire de Tours sur la fortune de Clovis n'a pas d'autre origine ^. En principe, quand un prince aime l'Eglise, quand, plus tard, il l'honore et l'écoute, il est bon; il peut avoir commis des crimes dans sa vie, ses bonnes œuvres pèsent d'un tel poids dans la balance éternelle que son salut est certain. Les mauvais princes, les ennemis de Dieu et de ses ser-

I. S. Sévère, Chron., II, 3i, et 32; P. Orose, Hist. VII, ii et s.; De morte pers., 3 : multi ac boni principes Romani imperii clavum regimenque tenuerunt (entre Domitien et Dèce). Il faut mettre à part Trajan qui a sa légende dans l'Eglise, et une légende qui a fort occupé les théologiens. Le pape Grégoire le Grand, passant un jour en procession sur le forum de Trajan, se prit à regretter qu'un homme dont la vie était remplie de traits si excellents fût en enfer; il se mit à pleurer à cette pensée et sa prière, s'élevant vers Dieu, lui demanda la grâce du grand Empereur; une vision qu'il eut en extase lui apprit qu'il était exaucé; mais Dieu l'invita à ne plus lui demander de semblable faveur : Paul Diacre^ Vita Greg. Magni, 27 (P. L. de Migne, LXXV, col. 104); Jean Damascène, De lus qui in fide doriniunt, II, 44 {P. G. de Migne, XCV, col. 262). Cette légende a été âprement discutée, tantôt acceptée, tantôt combattue. Acceptée par Jean de Salisbury (J. Saresberiencis), Po/ycrjj^., V, 8 {P. L. de Migne, CXCIX, col., SSg), par Thomas d'Aquin, Siippl. de la Somme, quaestio 72, art. 5. — Ciaconius, pénitencier de Greg. XIII, rédige un petit traité exprès pour soutenir la thèse affirmative ; il est imprimé à la suite du mémoire qu'il consacre à la colonne trajane, Rome, 1616, f°, sous le litre de Historia utriusque belli dacici, etc. Combattue avec acharnement par l'auteur de la S. Gregorii magni vita ex eius scriptis adornata, 111, X, 8. [P. L. de Migne, LXXV, col. 400); par Baronius, Annales eccles., Edit. de Lucques, 1738-59, fo, adann.... G04, n. 3o et 5, et par Bcllarmin, De P^rg'a^, II, 8, éd. Favre, Paris, 1873-74, in-40. — L'histoire de cette légende serait piquante à retracer; en dehors des références ci-dessus, on pourrait encore consulter : Tostat {Opéra, Ed. de Venise, 27 tomes en i3 vol. — Indices aux tomes 26 et 27, Venise, 1728, in-f".) et Gerson {Opéra, éd. du Pin, 5 vol., Anvers, 1706, in-f°), qui s'en occupent également et la soutiennent.

2. P. Orose, Hist., Vil, 12, 3, ut intcllegeretur missa etiam ab alio persecutio in ipsius potissime monumentis, a quo primum exorta esset, atque in ipso auctore puniri.

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