De morte pers
I2t) CHAPITRE III
un monstre affreux ' et pourtant ;il est heureux tant qu'il ne persécute par l'Église '. Maximien et Galère ne sont pas pas mieux traités \ Une passio entasse sur la tête du premier les épithètes les plus malsonnantes ' ; une autre lui prête tous les vices '-" ; sa laideur morale gagne son physique : il est horrible ®. En revanche, Constance Chlore cueille une ample moisson d'éloges et il en est, dans le nombre, qui ne sont pas sans nous étonner un peu : c'est un homme calme et clément, surtout singulièrement bienveillant pour les fidèles '' ; aussi que de félicités sur lui! Il est, le premier des quatre collègues, mis au rang des Dieux, et il est honoré après sa mort de tous les honneurs qui conviennent à un Empereur \ Ce n'est pas surprenant, car il est le seul prince du temps qui mène une vie vraiment impériale'; il n'a jamais pris part aune persécution; il n'a jamais inquiété les chrétiens placés sous son autorité ; c'est pourquoi il laisse son pouvoir à son fils, prince très modeste et très religieux "*.
Celui-là, c'est Constantin, et tout ce que l'Église pouvait avoir de complaisances a été étalé devant lui ; tous ceux qui lui ont fait obstacle sont chargés d'injures et accusés de tous les crimes. Constantin, c'est un pauvre petit prince qui a toutes les peines du monde à échapper au tyran Galère pour aller embrasser son père mourant et son premier soin, dès qu'il est Auguste, est de rendre les chrétiens à leur culte et à leur Dieu ". Ses rivaux sont méprisables : Maxence a usurpé la tyrannie à Rome et il fait d'abord semblant d'être chrétien pour flatter le peuple romain ; mais les espérances mensongères qu'il donne ne durent pas ; c'est un débauché qui souille les plus illustres familles, un avide qui tue quantité de sénateurs pour avoir leur bien ; il est dur au petit peuple ; c'est un épouvantable magicien qui ouvre le ventre des
1. Lactance, Inst. div., V, ii, 6 et s. ; Nemo huius tantae belluae immanitatem potest pro merito describere.