Apol., 35 ; Ad nat., I
6. Voyez la boutade de Philostrate contre Domitien, Phil., Apollon., VIII, i : (ivaT'jTtoûaBai ôè /p-^, olov à/66iJ.evov tolç v6[j.oi;, liiEiôt, e'joov otxajxrip'.a. Elle prouve, à mon sens, la force de l'idée de loi, même chez un tyran comme Domitien.
LES ORGANES GÉNÉRAUX DE l'eMPIRE i33
caractère sacré, surtout si elle était vieille, car il se joignait alors au respect qu'elle inspirait, l'autorité qu'elle tirait de la tradition et d'une longue application '. Déjà S. Justin avait exprimé cette idée qu'il y a de bonnes et de mauvaises lois et que les secondes, inspirées par les démons, sont adoptées par ceux qui leur ressemblent ' ; Tatien avait insisté sur la relativité de la loi humaine '. Avec Tertullien, ces remarques se précisent et leur portée s'étend.
A ses yeux, la loi est œuvre humaine et, comme telle, elle peut errera Plus elle est vieille, plus elle est suspecte d'erreur, car elle a \ pu être bonne dans son temps et n'être plus d'accord avec les \ besoins nouveaux '\ La preuve qu'elle se trompe quelquefois, Ic'est qu'on la remanie sans cesse''. Sévère lui-même, le moins chan- Igeant des princes, ne vient-il pas de modifier la législation sur le imariage et ce n'est pas la seule qui soit à refaire '. En face de ces lois humaines, si faillibles, il en est une divine, qui ne se trompe jamais ^ Elle condamne toutes les mesures qui prétendent la contredire : telles sont les lois d'Auguste sur le mariage, ou encore telles qu'on applique aux chrétiens. Ces dernières sont plus qu'er- ■tronées et injustes, elles sont stupides^ parce qu'elles prétendent 'interdire aux chrétiens d'être chrétiens ". Que doit faire le fidèle [ devant une loi qui est cela? TertuUien le dit en une courte phrase
Iqui est tout une révolution : il n'y a pas à tenir compte de la loi injuste [legis iniustae honor nullus) '". C'est là un principe sur la