‹ TertullienChapitre 16 sur 561 · I. — LA DOMINATION ROMAINE, L'EMPEREUR ET LE RÉGIME IMPÉRIAL · texte numérisé non relu

I. — LA DOMINATION ROMAINE, L'EMPEREUR ET LE RÉGIME IMPÉRIAL

I. —La romanitas et l'État romain au début du m' siècle. — IL La domination romaine. — Opinions des Romains sur ses caractères et sa durée. — Opinions des chrétiens sur le même sujet, antérieurement àTertullien.— Doctrines de TertuUien. — III. Évolution des idées chrétiennes postérieurement à lui.

I. — Au moment où TertuUien écrit, à la fin du second siècle et au commencement du troisième, les peuples qui sont enfermés dans les limites de l'Empire romain sont toujours divers de race, de mœurs et d'esprit, mais, aux habitudes héréditaires qui les distinguaient, ils ont superposé peu à peu, depuis la conquête, une certaine façon de vivre et de penser qui les rapprochent. On a désigné d'un mot cette modification apparente de leur nature ; c'est la romanisation. On entend que Rome a imposé à ses sujets un certain nombre de coutumes et d'idées, qui constituent, suivant l'expression de TertuUien lui-même, la romanitas \ c'est-à-dire la manière d'être romaine. C'est donc parce que tous ces peuples ont été soumis à une domination commune qu'ils ont eu des coutumes et des idées communes. Mais à Rome même, d'où ces coutumes et ces idées semblent sorties, elles se sont façonnées lentement, au gré d'événements multiples et sous l'influence de causes très complexes. Sans nous occuper ici de rechercher leurs origines et de marquer les étapes de leur développement, — en réservant même pour plus tard l'étude des faits sociaux, — il nous suffit de constater que, vers le commencement du iii^ siècle, elles ont fondé dans la cité un certain régime politique dont le trait essentiel est le suivant : toute puissance dans l'État est aux mains d'un homme, lequel n'est, en théorie, que le délégué de la souveraineté populaire, mais dont l'autorité est réellement souveraine par elle-même

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