‹ TertullienChapitre 172 sur 561 · Justin, lApol · texte numérisé non relu

Justin, lApol

4. Ad nat., II, 9 : quid aliud Mnea.e gloriosum, nisi quod praelio laurentino nusquam comparuit? Rursus forsitan solito more quasi desertor a praelio fugerit.

5. Ad nat., II, g : fratrem interfecit et aliénas virgines dolo rapuit. Ad nat., II, 10 : Larentina... lupa quia scortum.

6. De spect., 12 : Capitolium omnium daemonum templum est. ApoL, 6 : curia deorum.

7. ApoL, 25 : Etiam illi quorum régna conflata sunt in imperii romani sunimam, cum ea amitterent, sine religionibus non fuerunt. — Tertullien ne dit mot des divers procédés employés pour désintéresser tous ces dieux locaux.

l86 CHAPITRE VI

romaine '. La guerre y tient beaucoup de place et le Christ a réprouvé ceux qui versent le sang \

De semblables propos devaient exaspérer ceux des Romains qui, ayant encore foi dans l'Empire et portant encore dans leur cœur le culte de Rome, comprenaient tout ce qu'ils renfermaient de subversif. On ne saurait, en effet, fouler aux pieds avec plus de désinvolture, tous les souvenirs et toutes les espérances d'un peuple. Je dis les espérances, car Tertullien ne souhaite même pas sincèrement qu'il arrive à l'Empire quelque chose d'heureux, au moins ne veut-il pas se réjouir de ses joies s'il lui en survient : « Quand le monde se réjouira, vous pleurerez » ; non pas absolument parce qu'il sera arrivé quelque chose d'heureux, mais parce que le monde se réjouira et que toute joie publique renferme en ses excès beaucoup de séductions '. Le chrétien, étranger ici-bas, n'a rien à faire parmi les réjouissances du siècle : il s'abstiendra d'illuminer et de parer sa maison aux jours de fête, car il est absurde d'allumer des lanternes en plein jour et la maison d'un fidèle ne doit par ressembler à un mauvais lieu ou à un temple \ D'ailleurs, les démons cachés dans la porte sont toujours aux aguets et ils pourraient prendre pour des hommages toutes ces vaines démonstrations ■'. Je ne suis pas assuré que Tertullien se rende compte de la faiblesse de ses arguments ; en tous cas, il tente de se justifier du reproche de briser toute tradition et, là encore, son explication de l'attitude des chrétiens n'est pas très satisfaisante. Vous, dit-il, qui nous accusez de détruire la tradition, vous ne la respectez pas ^, vous ne vivez plus comme vos ancêtres et vous vivez plus mal ' : loin de vénérer ce qu'ils ont établi, vous changez à chaque instant les lois qu'ils vous ont léguées "; vous n'avez donc rien à nous reprocher. Il y avait beaucoup à dire à de tels raisonnements. Tous les torts des païens ne prouvent pas que les chrétiens aient raison au point de vue de l'Etat, car les faits que Tertullien prétend rapprocher ne sont pas

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