‹ TertullienChapitre 181 sur 561 · De idoL, ig · texte numérisé non relu

De idoL, ig

3. De cor., ii : Puto denique licere militiam usque ad causam coronae. C'est l'acceptation de la couronne militaire qui est ici en cause, mais le sens est général et équivaut à idolatriae.

4. De cor., 11 : Licebit in gladio conversari, domino pronuntiante gladio periturum qui gladio fuerit usus ? Et praelio operabitur filius pacis cul nec iitigare conveniet ? — Dans le De resiir. carnis, 16, on trouve il est vrai la phrase suivante : Et gladius bene de bello cruentus et melior homicida laudem

suam consecratione pensabit; — par opposition au glaive qui a servi au meurtre; mais l'ensemble du développement prouve clairement qu'il ne faut voir là qu'un

artifice oratoire 5. De cor., 11

soldats '? Les chrétiens qui parlent ainsi, riposte notre auteur, sont des lâches; ils se taisent parce qu'ils ont peur; ils reculent devant le martyre par crainte de gâter la paix dont ils jouissent; il en est parmi eux, et même des pasteurs, qui sont lions tant qu'il n'y a pas de danger et cerfs dès que le péril commence \ Mais qui sait être vraiment chrétien ne peut être soldat, car être soldat c'est tuer et un chrétien ne tue pas '\ A plus forte raison ne doit-il poinr risquer de tuer ses frères et il en a jusque chez les barbares \ La conclusion s'impose : chaque fois qu'un soldat deviendra chrétien, il fuira le péril de son âme, il quittera le service.

Pour les mêmes raisons, bien entendu, un chrétien ne se fera jamais soldat % quand même il aurait la certitude de ne pas avoir à tuer, attendu qu'il ne peut servir deux maîtres à la fois : il ne peut demeurer dans le camp de la lumière en entrant dans le camp des ténèbres, rester à la fois soldat de César et fidèle de Dieu ®. Dans ce conflit, c'est naturellement César qui a le dessous : le Seigneur en désarmant Pierre a désarmé tous les chrétiens ' : un chrétien n'est pas soldat \

j Nul doute que ces conclusions ne fussent conformes à l'esprit 'du christianisme primitif: de nos jours, elles ont été reprises en son nom et soutenues par des arguments assez analogues à ceux de Tertullien. La doctrine de Tolstoï '' est en effet, avec plus d'insistance dans le détail, celle de notre Africain. Il y a toutefois entre elles cette différence que Tolstoï est plus préoccupé de l'homme, qui, selon lui, a tout à perdre aux horreurs inintelligentes de la guerre et rien à gagner au militarisme étouffant, conséquence moderne de la guerre, — alors que Tertullien est plus préoccupé du ciel et du salut du chrétien, compromis par la guerre et le métier militaire. De même se trouve-t-il encore des chrétiens qui, conformément aux enseignements du Christ, se refusent au service

1. De cor., i : solus scilicet fortis, inter tôt fratres commilitones, solus christianus.

2. De cor., i : ...mussitant denique tam bonam et longam sibi pacem periclitari ...novi et pastores eorum in pace Icônes, in praelio cervos.

3. De cor., 1 1. — La guerre non seulement est condamnable par elle-même, mais encore entraîne divers vices accessoires très funestes, dolum, asperitatem, iniustitiam : Adv. Jud., 9; Adv. Marc, III, 14, commentant P5^?î. XLIV, 4.

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