Le Blant, Inscr. chrét., I, p. 85, n
tiens dans Tarmée impériale avant le triomphe ', mais il y en eut; les inscriptions "^ et les Actes des Martyrs ^ l'établissent, en dehors même des affirmations des Pères. De ceux que la foi gagnait pendant qu'ils étaient au service, les uns y demeuraient jusqu'à leur libération régulière ^; d'autres se retiraient, volontairement et sans scandale, dès qu'ils le pouvaient '' ; d'autres, amenés fortuitement à choisir entre la foi et le devoir militaire, sacrifiaient ce dernier : nous ne savons s'il ne s'en trouvait pas qui choisissaient le cingulum ^; d'autres enfin rompaient le lien militaire d'eux-mêmes et avec éclat, quand il leur venait un scrupule trop impératif, ou quand les encouragements qu'ils recevaient du dehors leur donnaient l'audace d'échapper à la discipline '. Tout à fait rares
1. Le Blant, Inscr. chrét., I, pp. 84-85 et n. ; sur io,o5o inscriptions païennes, il relève 545 soldats, soit 5,42 0/0; sur 4,734 inscriptions chrétiennes, il n'en trouve que 27 se rapportant à des soldats, soit 0,67 0/0; mais il pense avec raison qu'on ne peut rien conclure de ce calcul, relativement au nombre des chrétiens dans l'armée, parce que le fidèle, avant tout miles Cliristi, répugnait à faire inscrire sa qualité de miles Caesaris sur sa tombe. Le petit nombre des inscriptions de simples soldats s'expliquerait par la peine qu'éprouvent toujours les hommes à se priver même d'un titre posthume; les gradés d'entre les chrétiens résistaient moins à cette poussée de vanité que les simples soldats qui n'avaient pas à se vanter de grand chose.