Phil , Apoll., V, 14; V
5. C. /. L., VIII, 7956, à Attis; 8434, à Saturne; 82o3 et 9401, à la Merc des dieux, etc.
6. Alex. Sévère, âme très élevée et très pure, quoique paien convaincu, ajoute au culte de ses dieux purifiés celui des saints païens : Rcville, op. cit., pp. 276 et s.
une certaine valeur morale, s'il était même possible de lui fabriquer une espèce de théologie ', il était plus difficile de la rendre mystique, car le mysticisme, qui hantait l'esprit des hommes à la tin du 11^ siècle, répugnait profondément à sa nature juridique et impersonnelle. Cependant, de même qu'on avait trouvé le moyen de développer dans un sens moral certaines formules vagues des vieux rites, on trouva celui de développer dans un sens mystique certaines parties des vieux mythes, demeurées en eux obscures et indéterminées ; je veux parler surtout du culte des Démons et des Génies, du culte des Junones pour les femmes.
La croyance aux Génies n'était pas neuve ; il semble même qu'elle se trouve aux origines de la foi italiote ^ ; mais, dans l'ancienne religion, elle avait conservé ce caractère d'indécision auquel n'échappait même pas la personne des dieux. Sur les obscures conceptions dans lesquelles Génies, Mânes, Lares et Pénates occupaient des places sans doute assez peu distinctes, même dans l'esprit de leurs adorateurs, étaient venues se greffer, par syncrétisme, toutes les conceptions plus ou moins analogues de la religion et même de la philosophie des Grecs ^ Les écrivains de l'empire, Plutarque, Censorinus, Apulée, Saint Augustin, fondé sur Varron, et Ammien Marcellin, par exemple, nous donnent sur les Génies des aperçus assez différents ^ et il ne semble pas que les hommes du m" siècle aient eu, à ce sujet, moins d'incertitudes que nous \ Ils ne se sont jamais nettement expliqués sur la question de savoir si les Génies étaient des Dieux ou des êtres intermédiaires entre les Dieux et les hommes ; s'ils étaient inséparables des personnes humaines ou divines auxquelles ils étaient attachés, ou bien s'ils en étaient, au contraire, tout à fait distincts*'. On ima-
1. Cette théologie essaya, en effet, de se constituer, mais nous ne la pénétrons un peu que par des ouvrages très postérieurs à Tertullien-. Elle ne fut jamais, semble-t-il, qu'œuvre de beaux esprits et demeura un commentaire ingénieux des rites, plutôt qu'une étude et une explication de dogmes; nous trouvons son expression la plus nette, et cela est caractéristique, chez les commentateurs de Virgile, Servius et surtout Macrobe, Saturnales, III. (Les livres III, IV', V et VI de cette compilation décousue ne sont, en eflet, qu'un commentaire de Virgile.)
2. Yoy.Dict. des Ant., les art. Genius et Junones (Hild); et Réville, op. cit., p. 40.