Réville, op. cit., p
6. Réville, op. cit., p. 42 et s., donne les références essentielles.
gine parfois ce Génie comme une sorte d'ange gardien ' ^\u"û convient d'honorer par des sacrifices exempts de sang ' et que le populaire se représente volontiers sous la forme d'un serpent '•. La relation primitive entre le Genius, les Lares et les Pénates, conduit, d'autre part, à voir en lui l'expression de la survivance de l'être au-delà du tombeau et, sous cette forme, la doctrine des Génies plaît à des hommes épris plus que jamais du désir et de l'espérance de se survivre à eux-mêmes '*. Il n'est pas impossible de soutenir que, dans l'ancienne religion romaine, le Genius, quand il est immanent au Dieu, représente sa puissance tutélaire sur le monde \ comme il est, pour les Épicuriens, la force obscure qui mène l'univers ^ Il est donc naturel que les hommes du iii« siècle aient développé un culte qui pouvait répondre au double besoin qu'ils sentaient en eux : celui de vivre encore par delà la vie terrestre et celui d'être guidés dans le droit chemin par une Providence bienveillante. Je laisse de côté le culte des Empereurs qui, naturellement, favorisa le culte des Génies, de même que cette tentation si antique de se créer un dieu pour soi et pour sa maison \ Je néglige également les abstractions faciles à déifier " : Viî^tus, Honor, Clementia, etc. ; le désir déposséder des dieux égaux à l'œuvre qu'on attendait d'eux me paraît suffire à expliquer ce pullulement extraordinaire de Génies, qui nous mène du Génie du peuple romain au Génie d'un simple particulier, en passant par les Génies des marchés et des camps \ Pour le peuple ignorant, la notion des Génies demeurait vague ; mais, pour les esprits cultivés, elle se précisait sans, d'ailleurs, se débarrasser de ses contradictions et de ses obscurités. Les uns, avec Maxime de Tyr, admettaient que les démons étaient des dieux inférieurs et allaient
1. Hor., Ep., II, 2, 187 : Scit Genius natale cornes qui tempérât astrum. Censor., De die nat., 3,1: Genius est deus cuius in tutela ut quisque naïus
cstvivit. r.- j
2. Censor., De die nat., 2; Réville, op. cit., p. 42, n. 17; Dict. des Ant.,
Genitis, p. 1489.