‹ TertullienChapitre 22 sur 561 · ApoL, 6. De spectac · texte numérisé non relu

ApoL, 6. De spectac

6. De resurrec. carn., 58 : Nihil aeternum nisi post resurrectionem.

monde '. Tous deux sont indissolublement liés et lorsque l'Empire sera brisé, l'Antéchrist viendra s'asseoir dans le Temple, préludant aux affreuses catastrophes qui précéderont le règne de Dieu ^ Réciproquement, tant que l'Empire sera debout, la Bête demeurera cachée dans sa retraite ignorée \ Tertullien sait bien que, pour atteindre la félicité dernière, il faudra tôt ou tard traverser les calamités qu'il nous décrit ''. Même, dans le fond de son cœur, il croit le moment proche et désire qu'il se hâte \ mais il n'est pas sans éprouver quelque commisération pour tant d'hommes qu'atteindrait la justice divine si elle s'exerçait sans retard ; il feint aussi d'avoir pitié de la faiblesse humaine, épouvantée devant l'horreur des derniers jours; c'est pourquoi il recommande aux chrétiens de prier pour l'Empire, afin de reculer les effets de la colère de Dieu et de retarder la mort du monde ^ Ainsi, quand il parle de l'Empire et de sa fin, aussi inévitable que le jugement dernier, rien dans ses paroles ne rappelle ces apocalypses juives, où la haine irréconciliable des vaincus s'exhale en malédictions et en cris de vengeance contre les vainqueurs '. L'Empire établi par Dieu finira donc avec le monde humain : il ne saurait demander une plus grosse part d'éternité et sa mort adviendra ainsi qu'un phénomène prévu et naturel et non comme un châtiment institué pour lui \

Cependant la prétention qu'avait l'Empire de s'étendre dans le présent au monde tout entier n'était pas soutenable, à s'en tenir au sens absolu des termes et elle reposait en définitive sur une étroite distinction entre les Romains et les Barbares. Si donc Tertullien n'admettait pas cette distinction, il ne saurait non plus admettre

1. ApoL, 32; Ad Scap. 2 : Christianus nuUius est hostis ncdum imperatoris, quem sciens a Dco suo constitui, ncccsse est ut et ipsum diligat... et salvum velit cum toto roniano imperio, quousquc saeculum stabit tamdiu stabit.

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