Ad Scap
6. ApoL, 3i; 32; 39 : Oramus... pro statu sacculi, pro rcrum quicte, pro mora finis. Ad Scap., 2.
7. Par exemple, sans parler de l'Apocalypse dite de saintJcan, celles dePseudo- Esdras et de Pseudo-Baruch, cf. Renan, Evangiles, pp. 368 et 522.
8. Tertullien admet l'attribution de VApocalypseh l'apôtre .lean {Adv. Marc, IV, 5; De fitga, 9); il se sert même quelquefois de ce livre {Scorpiace, 12; Adv. Jiidaeus, g) ; mais il n'a point subi son action d'une manière particulière ; c'est à peine si la tin du De spcctaciilis paraît s'en inspirer de loin et encore Tertullien n'avait-il besoin de personne pour trouver les violences qu'il entasse dans ce dernier chapitre.
Tuniversalité romaine. Il ne faudrait pas s'arrêter à quelques expressions qui sont chez lui de simples habitudes de langage, ou qui lui sont suggérées par les nécessités d'un raisonnement apologétique : il est clair, en effet, que, réclamant pour les fidèles la qualité de citoyen romain et les garanties qu'elle donne, il est forcé de maintenir, au moins dans les termes, le traditionnel départ entre le Romain et le Barbare '. Ailleurs même que dans V Apologétique, il oppose nettement ces deux qualités, mais sans prétendre les comparer et sans placer Tune au-dessus de TaVitre; il remarque simplement que, dans les guerres qu'ils ont conduites contre les barbares, les Romains ont eu l'avantage '. Pourtant ce même passage renferme quelques mots qui pourraient prêter à une illusion si on les isolait de leur contexte : orbis imperii hujus, écrit Tertullien, c'est Viiniversel romain ^ ; mais, outre qu'il est dangereux de se fier au De pallio, parce que l'ironie y est partout latente, nous sommes évidemment ici en présence d'une expression courante qui ne saurait tirer à conséquences. Ce qui, plus qu'autre chose, doit nous mettre en garde contre toute conclusion selon la lettre du texte, c'est qu'il y a, au fond de cette distinction entre le Romain et le Barbare, une idée de privilège qui est en contradiction formelle avec une doctrine chère à Tertullien, à savoir que le règne des peuples privilégiés est passé \ que c'est pour tous les hommes que le Christ est mort % que c'est même pour les Barbares*^. Il s'agit, bien entendu, des Barbares considérés comme individus, nullement des royaumes barbares, car, pour un Romain, même chrétien, il n'y a réellement qu'un état, c'est l'Empire ; mais peu importe; que Tertullien s'en rende compte ou non, ces paroles du De corona militis sont d'une gravité extrême, n'allant à rien moins qu'à substituer une vraie et complète universalité, celle de la religion œcuménique, à l'universalité relative de la domination romaine. Pour le chrétien, dit ailleurs Tertullien, la vraie république c'est le monde \ Voilà qui est logique et si la phrase n'implique pas même la conception d'un état plus grand que l'Empire, elle peut supposer celle d'un gouvernement des chrétiens, d'une Eglise plus vaste que lui. Que dans la pensée de Tertullien il n'y ait pas in-