‹ TertullienChapitre 235 sur 561 · Orig., C. Celse, IV · texte numérisé non relu

Orig., C. Celse, IV

12. Cypr., Testim., III, 3i : Eum qui non crediderit iam iudicatum esse.

25o CHAPITRE VIII

manifestement endurcis dans leur erreur et qui sont voués à l'éternelle perdition '.

C'était là une grosse menace ; mais il faut avouer que les arguments dont ils l'étayaient, en prétendant prouver la vérité divine du christianisme, n'étaient point éminemment propres à entraîner dans un élan de foi tous les païens récalcitrants. Ce n'est pas que le nombre de leurs preuves fut petit, car il est possible d'en relever au moins quinze principales chez les écrivains des trois premiers siècles; c'est la force convaincante de chacune d'elles qui laissait à désirer. Tous les chrétiens les avaient cependant dans l'esprit, et ce n'est point faire œuvre artificielle que de construire leur opinion commune de la diversité de leurs témoignages.

Sans doute l'incrédulité préalable est admissible dans une certaine mesure ^ puisqu'aussi bien on ne naît point chrétien, qu'on le devient, et que beaucoup d'excellents fidèles ont passé leur jeunesse dans les ténèbres du paganisme '. Mais il faut, au moins, qu'on désire connaître la vérité, qu'on la cherche. On a raison de ne pas croire ce qui est incroyable '' ; mais refuser de reconnaître le vrai Dieu, c'est de la folie pure, et il faut, pour y glisser, avoir absorbé de la mandragore ou quelque autre drogue ^; il faut vouloir s'aveugler exprès ^ Et, en effet, les chrétiens ne sont point hommes à se payer de mots ou de sophismes, à s'arrêter à de vaines probabilités ; ils s'offrent à démontrer la vérité de leur foi '; ils y veulent la clarté parfaite, afin qu'elle soit très bien connue et

1. Il faudrait citer tous les écrivains chrétiens et presque tous les Actes des Martyrs, car il n'en est, pour ainsi dire, pas où cette prétention à l'exclusivisme ne s'exprime en quelque manière. Voir particul. : Justin, / ApoL, 23 : "Iva ôè rfiT\ xal TOÛTO tpavepov u[j.ïv Y2VT,xai, Sxt ôirôaa TvéyoaÊV, [j.a6ôvT£(; irapà toO Xp'.ffxoû vcal twv TTOoeXBôvTtiJv aùxou irpo^TiTwv, [Jiôva àXT,9T, ètti xal xpejêÛTepa TrâvTojv twv ycYEVTi|jL£vwv auyypa'fÉuv. — Arnobe, Adi>. nat., II, 78 : Urgent tempera periculis plena et exitiabiles imminent poenae, confugiamus ad salutarem Deum, nec rationem numeris exigamus oblati. — Lact., Inst. div., I, 7; II, 5, 16 : O quam difficilis est ignorantibus veritas et quam facilis scientibus ! — Inst. div., V, 20; IV, 4, 1 1 ; De morte pers., en entier; Hieron., Ep., XXII, 39, Ad Eustochinm ; August., De civ. Dei, en entier. A Carthage, le martyr Montanus {Acta dans Ruinart) s'écrie : Sacrificans diis eradicabitur nisi domino solo. Eus., H. E., VII, 19, 9, déclare simplement qu'on ne peut pas mentir quand on attaque le christianisme.

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