‹ TertullienChapitre 238 sur 561 · Athénag., De resurr · texte numérisé non relu

Athénag., De resurr

homme mangé par des anthropophages qui auront assimilé sa substance, comment faire ressusciter la chair de Tun sans nuire à celle des autres ' ? Les desseins de Dieu sont impénétrables, répond le chrétien, et plus profonds que ceux de l'homme; puis toute chair mangée n'est pas assimilée, et la chair humaine ne saurait l'être, car elle est un aliment trop contre nature ^ En définitive, il n'est pas plus difficile de renaître que de naître et Dieu est le souverain maître de la substance \ Ces denii-discussions mêlées d'affirmations, qu'un païen, même bienveillant, trouvait nécessairement gratuites, ne prouvaient rien du tout et le champ restait ouvert tout large aux suppositions réjouissantes que les plaisants ne manquaient pas d'avancer au sujet de la résurrection de la chair.

Au reste, disaient les chrétiens, pourquoi ne vouloir pas croire, alors que la foi emplit toute la vie. C'est la foi dans la terre qui fait le laboureur ; la foi dans la mer qui fait le navigateur; la foi dans la médecine qui guérit le malade, et vous ne voulez pas avoir la foi en Dieu? Vous croyez en la puissance de vains simulacres, fabriqués de main d'homme et vous ne croyez pas que celui qui vous appela au monde puisse vous y rappeler une seconde fois ^? N'est-il pas dans la légende mythologique des choses beaucoup plus difficiles à croire? Vous croyez à Amphion charmant les poissons et à Orphée élevant les murs de Thèbes aux accents de sa lyre ; il en coûte moins de croire au vrai Dieu, au Rédempteur '\

Les encouragements à croire ne manquent cependant pas. D'abord l'âme humaine est naturellement chrétienne, il suffit de savoir l'écouter pour être convaincu ®. Ne voit-on pas, d'ailleurs, des hommes se convertir en grand nombre ? N'est-ce pas une preuve de l'excellence de la foi ? Tertullien avoue que ce n'est pas là un argument sans réplique et qu'on peut répondre, par exemple, que le nombre des malfaiteurs n'a jamais prouvé l'excellence du mal. Mais quelle différence entre le mal ordinaire, qui entraîne la honte ou le repentir sous une forme quelconque, et le mal chrétien, qui n'apporte jamais avec lui que le regret de ne l'avoir pas tou-

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