‹ TertullienChapitre 251 sur 561 · Strom., I · texte numérisé non relu

Strom., I

8. Particulièrement Orig;, C. Celse, VII, 69 : il vise les invocations mystérieuses et certainement démoniaques, qui accompagnent la dédicace d'un temple ou l'inauguration d'une statue.

sont, dit-il, que de simples fonctions naturelles divinisées ' ; et il revient sur cette idée chère aux chrétiens, les temples ne sont souvent que des sépulcres \ S. Cyprien se contente de reprendre la doctrine deTertullien, parfois dans les mêmes termes \ Les dieux, dit-il, ont été, à l'origine, des hommes divinisés ; ce sont aujourd'hui des démons qui se sont glissés sous le nom de ces hommes \ Lactance s'attache à restaurer les vieilles critiques d'Évhémère et ramasse les arguments épicuriens ^; il estime qu'Évhémère est digne de foi, qu'il s'est documenté et qu'il est sérieusement informé*^. La théorie à laquelle il s'arrête est d'une extrême simplicité : sans doute beaucoup de légendes ont un sens humain très clair; par exemple, la pluie d'or qui tombe sur Danaé n'est pas Jupiter, mais seulement le prix de la prostitution ' ; sans doute, aussi, les dieux sont des hommes dont on a changé le nom après leur mort pour empêcher de les reconnaître -, et aucun de ces dieux n'est très ancien. C'est à peine si Saturne est né 1800 ans avant le moment où Lactance écrit''. Tous ces dieux n'existent donc pas, et Denys le Tyran, comme Verres, les ont bravés en toute impunité. Mais, dans chaque pays, un homme s'est trouvé pour coordonner et au besoin inventer ces mythes ; Faunus dans le Latium, Numa à Rome ; eux-mêmes n'ont point été leur propre dupe '". Cette mythologie enfantine séduisait les chrétiens, parce qu'elle avait une apparence de simplicité rationnelle qui leur permettait d'attaquer leurs adversaires par des arguments purement humains et d'opposer la grandeur de leur foi à cette pauvreté païenne. Il est inutile de pousser plus loin cette revue ; l'accumulation des textes ne nous apprendrait rien de plus. L'opposition était donc nette entre les païens et les chrétiens ; les uns soutenaient que les dieux étaient

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