ApoL
8. Min. Félix, Octav., 26; Spiritus sunt insinccri, vagi, a caclesli vigorc terrestris labibus et cupiditatibus degravati
pas SU rapporter au vrai Dieu '. Parfois ils ne doivent leur divinité qu'au désir de flatter tel ou tel puissant du monde. C'est un Philippe tout estropié, un Démétrius, qui refuse d'épouser Minerve et lui préfère la courtisane Lamia ^ un Antinous, pseudo-Ganymède imposé par Hadrien ^ : au début, les temples n'étaient donc que des tombeaux \ Pourtant, ajoute Clément, l'imagination des hommes n'a pas toujours eu besoin d'êtres vivants pour faire des dieux; les uns, trompés par leurs yeux et aveuglés par l'admiration, ont cru que les astres étaient dignes d'adoration ; d'autres plus frappés de la puissante fécondité de la terre, ont déifié ses productions ; le blé est devenu Déméter, la vigne Dyonisos ; d'autres ont déifié le Malheur, le Châtiment. Les poètes ont enjolivé ces fictions, et les philosophes y ont ajouté des abstractions, en divinisant des sentiments : l'Amour, la Peur, la Joie, même l'Injure ou l'Impudeur-'. Mais, des unes comme des autres de ces inventions humaines, les démons profitent, car ils sont innombrables, Hésiode ne dit-il pas qu'ils sont sur terre trois fois dix mille ! Les plus forts ([XEYâXot oat[aov£ç), se font passer pour les grands dieux, et ils tournent sans cesse autour de l'homme, qui flatte leur gourmandise et leur cruauté ^ Cependant toutes ces inventions sont bien postérieures aux Écritures, comme le prêtre égyptien, au rapport de Platon, le fit entendre à Solon, en lui disant : « O Grecs ! vous êtes toujours des enfants ' ». Origène s'en tient à la doctrine des dieux-démons, ou du moins, il n'insiste que sur celle-là **. Passionné comme il était, il devait, en effet, s'attacher de préférence à elle, parce qu'elle supposait en tout chrétien un soldat de Dieu contre le Diable. Arnobe, qui s'étend plutôt sur la critique des mythes et des personnifications divines que sur leurs origines, s'arrête complaisamment sur l'examen des dieux romains qui ne
1 . Clém. Alex., Disc, aux Cent., II, 26 ; il essaie de fournir des exemples précis : ainsi les xMuscs, seraient neuf esclaves achetées par Mégaclo, fille de Macar, roi de Lesbos, lequel se dispute sans cesse avec sa femme, au grand ennui de sa fille ; celle-ci apprend à chanter aux neuf esclaves et Macar, charmé, redevient un bon mari; Mégaclo, pénétré de reconnaissance, rend des honneurs ■divins à celles qui lui ont procure la paix : {Disc, aux Gent., II, 3i : t, ôà taxopî» irapà MupffEXti) tÛ> Asjê^o)).