‹ TertullienChapitre 253 sur 561 · Inst. div., I · texte numérisé non relu

Inst. div., I

8. Inst. div., I, 21-22 : Romulus devient Quirinus; Leda, Némésis, etc.. credo ne quis eos putet homines fuisse.

9. Inst. div., I, 23; Lactance discute sérieusement et longuement les parentes des dieux et des personnes mythologiques, afin de fonder sa chronologie et il conclut : Non ergo isti glorientur sacrorum vetustate, quorum et origo et ratio et tempora deprehensa sunt.

10. Inst. div., I, 22 : Sed cum alios falleret se ipsum tamen non fefeilit. (Il s'agit de Numa.)

tels par leur nature ' ; les autres le niaient " et affirmaient que s'ils étaient quelque chose, ils n'étaient que des démons immondes; entre ces deux opinions, il est même impossible de rêver une conciliation '\ Aussi bien tout ce qui nous reste à dire de la religion romaine se déduit assez bien de ces prémisses; à peine est-il nécessaire de constater que la réalité est d'accord avec la logique.

Si étrange que la chose parût aux chrétiens, il y avait des hommes qui croyaient, ou du moins semblaient croire, à la réalité de ces dieux niés ou ravalés au rang des esprits inférieurs \ Une telle foi devait sembler si anormale aux chrétiens qu'ils ne pouvaient manquer d'en suspecter la sincérité, comme ils en affirmaient l'inutilité. Quand les démonstrations de piété païenne prenaient ce caractère d'exaltation physique que les religions orientales favorisaient, et qui s'introduisit plusieurs fois dans le christianisme lui-même, avec un Origène ou avec les flagellants du xV^ siècle, les fidèles les déclaraient contre nature et réprouvées de

1. Eus., H. E., VII, 1 1 : xaTà -fjjLv ; Le Blant, Actes des Mart., Sect. II, § yS, p. 199 et s.

2. Cyrille d'Alex., Comm. in Job., I, XII, v, 7 : toT; -/.atà o-Ji:'» oùv. ojsi Ôcot;. Affirmation analogue dans les Actes des SS. Léon et Paregorius : Bihl. Nat., ms. grec, n° 1452, fol. i52, v°, cité par Le Blant, Actes des Mart., p. igg.

3. Les Actes des Martyrs sont naturellement pleins de malédictions à l'égard des démons et de négations à l'égard des pseudo-dieux; voy. particulièrement Acta S. Symphorosae (Ruinart) : Symphorose répond à Hadrien : ne idoles consentirent ad immolandum et quasi boni athletae daemones tuos moriendo vicerunt — il s'agit de son mari et de son frère. — Acta S. Ignatii, II (Ruinart) : Ignatius dixit : Daemonia gentium deos appellas errans... — Passio S. Sy)nphoriani, VI (Ruinart) : Symphorien dit : Dianam quoque daemonium esse meridianum, sanctorum industria '\ïivc?,\.\^2L\\\.... Passio SS. Felicitatis, etc., III (Ruinart) : omnes dii gentium daemones sunt... — Ailleurs, le martyr semble admettre au moins l'existence humaine de la divinité; Petrus refuse de sacrifier à Vénus : quae talia egit ut confusio sit enarrare; elle n'est qu'une sordida meretrix : Acta SS. Pétri, Andreae, Paiili, I (Ruinart). Un autre plaisante la divinisation des fonctions naturelles : Acta SS. Victoris, etc. VIII (Ruinart) : Pudet memorare deos Stercutios (Stcrculios?) et deasCloacinas et mille talium portcnta deorum. Sur le même thème : Prudence, De Mart. S. Laurentii; Peristeph., Hymn. 2, vers 1 13 et s. ; August., Epist., I, XVII, à Maxime de Madaurc. D'autres enfin disent simplement que les dieux n'existent pas; Philippe, un des fils de Félicité dit : Isti nec dii sunt, nec omnipotentes sed sunt simulacra vana et misera et insensibilia... — Passio SS. Felic, etc., III (Ruinart); Acta SS. Claudii et Aster ii {Ruinart). — En général, les martyrs penchent pour assimiler les dieux aux démons, parce que cette doctrine leur promet un combat glorieux et utile.

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