Commodien insiste sur cette foi et s'en étonne
Dicitis o stuhij.lovis tonat, fulminât ipse Et si parvulitas sic scnsit, cur anni dicentes.
{Instr., I, VI, I et 2.) O nimium stulti, qui putatis nioeclios ab astris Nascentes regere aut totain mundi iiaturani.
{Instr., I, VII, q-io.)
Dieu \ Aux yeux de Tertullien, qui est toujours disposé à aller plus loin que ses prédécesseurs, dans la raillerie et l'attaque, il n'y a pas de véritable piété païenne ; les païens font quelquefois semblant de prier, mais leurs lèvres seules remuent ''. Au reste, ils avilissent leurs dieux en les exploitant indignement, en battant monnaie de leur divinité ; quelquefois ils les mettent en gage ; plus même, ils osent les faire représenter sur le théâtre par d'abjects histrions '. Chacun préfère un dieu plutôt qu'un autre, et, ce faisant, il offense tous les autres '. Qui donc oserait soutenir que c'est à une fausse religiosité pour une fausse religion que les Romains doivent leur gloire '? Au contraire, c'est elle qui les empêche d'être parfaitement heureux, car c'est à elle qu'il faut attribuer tous les maux qui manifestent dans le siècle la colère de Dieu ^ D'autres, après lui, accentueront ces idées, parce qu'elles sont au fond du christianisme; certains même les accompagneront de remarques parfois fort justes. Clément d'Alexandrie et Lactance avancent que les Gentils ne tiennent au paganisme que parce qu'il leur donne des exemples d'intempérance et qu'ils prêtent leurs passions à leurs dieux, alors que le vrai Dieu impose la modération des désirs et la continence '. D'autres s'élèvent contre les rites romains, qui leur semblent ridicules ou odieux '; d'autres encore fulminent contre les sacrifices sanglants ", qu'ils jugent indignes de la divinité, d'accord en cela avec plus d'un païen ; d'autres enfin critiquent toutes les manifestations de la piété païenne, l'encensement, les chants religieux, les jeux '"... Les chrétiens étaient évidem-