‹ TertullienChapitre 268 sur 561 · Cor., VII, 9 et ss · texte numérisé non relu

Cor., VII, 9 et ss

3. Ad iixor., I, 3 ; Adv. Marc.,V, 7 et i5.; De pudic, 16, etc.

4. Adv. Marc, 1, 29 : non enim proiicimus sed deponimus nuptias, nec praescribimus sed suademus sanctitatem, servantes et bonum et mehus pro viribus cuiusque sectando. ^dv. M^rc, V, 7, raille Marcion qui prétend être « constantior apostolo » et reproduit la doctrine de Saint Paul. Adv. Marc.,\ , i5, établit la différence entre le struprum interdit et le matrimonium permis. Aduxor., I, 2 et 1, 3 : denique prohiber! nuptias nusquam omnino legimus, ut bonum.

préfère TertuUien ' : ne pas se marier, se sanctifier par une éternelle virginité, ou, si on est marié, conserver dans le mariage un état de pureté absolue ^ ; tel est, à ses yeux, l'idéal de tout vrai chrétien. Jusqu'à ce point, il n'avance rien qui n'ait été dit et redit avant lui; mais il est allé plus loin. Le rigoriste qu'il est ne s'est point contenté de placer la virginité au-dessus du mariage; il s'est efforcé de ravaler le mariage au rang des plus basses œuvres des brutes; il a exagéré la pudeur chrétienne, au point d'en faire une pudibonderie grossièrement indécente, à force d'intransigeance et de violence \ Le mariage, s'écrie-t-il, ce n'est qu'oeuvre de chair, et vile, méprisable est la chair; le mariage, ce n'est qu'une fornication que la loi autorise et que la coutume accepte ''. Or, il n'est point de crime pire que celui de fornication ; la continence est aussi nécessaire au salut que la prière \ Très logiquement, TertuUien en vient à considérer le mariage comme un péché et à se mettre en contradiction absolue avec la tradition orthodoxe : il proclame que ce que l'Apôtre a seulement toléré comme une faiblesse ne saurait être permis ^

Jusqu'à son triomphe, et même longtemps après, l'Eglise aura de rudes luttes à soutenir contre cet esprit rigoriste ; elle considérera comme des hérétiques tous les chrétiens qui s'écarteront, à ce sujet, de sa propre doctrine, laquelle, à tout le moins, présente l'avantage d'être souple et commode, justifiant à la fois le renoncement et l'usage. Au fur et à mesure qu'elle se sentira davantage obligée de vivre dans le siècle, que le nombre de ses fidèles rendra plus impossible l'imposition générale d'une contrainte anti-naturelle, l'Eglise exaltera davantage la sainteté du mariage et finira

1. Adv. Marc, \, 2g... Servantes et bonum et melius... Adv. Marc, V, 7; V, i5, affirme que la virginité passe avant le mariage. Ad iixor., I, 3 : melius est nubere quam uri, quale hoc bonum est... quod mali comparatio commendat ut ideo melius est neque nubere neque uri ?

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