‹ TertullienChapitre 270 sur 561 · De exhort. castit · texte numérisé non relu

De exhort. castit

par porter des peines contre ceux qui le dénigreront ou le blâmeront. Au ive siècle, elle dira : demeurez vierge, mais ne le demeurez que par vocation, non par mépris du mariage; ne le soyez plutôt pas, si vous ne devez Tétre qu'en dénigrant ceux qui ne veulent pas l'être. L'ambiguïté des recommandations de l'Apôtre, l'hésitation qu'il avait nécessairement laissé subsister pour le tidèle, entre l'idéal divin et la concession humaine, étaient le point de départ de cette divergence d'opinions chrétiennes sur le mariage. Il en est sorti de très grosses difficultés, qui ne sont peut-être pas encore levées aujourd'hui pour tout le monde, après que dix-neuf siècles ont donné constamment la victoire à l'homme sur Tcrtullien. L'examen des doctrines chrétiennes relatives au mariage dépasserait de beaucoup les limites de cette étude; on peut cependant prendre une idée suffisante de leur évolution en s'arrêtant un instant à l'opinion de chacun des plus notables d'entre les Pères, jusqu'au v^ siècle. Il est aisé de voir qu'il y eût, durant ces deux siècles, un effort constant des chrétiens sages et modérés pour protéger le mariage contre les attaques incessantes des exagérés. Entre tous les défenseurs diligents de l'union légitime, le contemporain de Tertullien, Clément d'Alexandrie, s'est distingué par le zèle et l'opiniâtreté de son bon sens. Sans doute, il reconnaît, comme les autres, la préexcellence de la chasteté absolue '; chrétien, il lui est impossible de dire et même de penser autre chose, mais il insiste surtout sur les nécessités moyennes et il s'efforce de détruire les sophismes, les fausses interprétations de textes, les doctrines qui s'opposent au mariage \ Il entreprend de démontrer qu'il faut entendre dans un sens allégorique quelques passages des Écritures, qui semblent, tout d'abord, l'interdire ^ et que c'est errer à la suite des démons que de les prendre au pied de la lettre ", Les justes d'autrefois ne dédaignaient pas d'user de la création ^; la virginité et la continence ne nous sont pas plus commandées que le mariage : le choix nous est laissé ^ Il est permis de choisir la chasteté, mais à la condition de ne s'inspirer que de l'amour de Dieu et non de la haine du mariage '; car Dieu habite tout aussi bien avec les hommes mariés qu'avec ceux qui ne le sont pas ".

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