‹ TertullienChapitre 271 sur 561 · Strom., III, lu · texte numérisé non relu

Strom., III, lu

Comme on peut s'y attendre, Origène n'est point du même avis que Clément; il ne saurait, sans grave hérésie, proscrire l'union légitime, mais, en affirmant que le meilleur serait de rester vierge, il accentue le caractère de pis aller, de concession à l'usage des faibles, que garde le mariage aux yeux du vrai chrétien'. C'est là l'opinion qui se rapproche le plus de celle de Tertullien, mis à part les divagations des hérétiques nettement hors de l'Église. Saint Augustin rétablit un sage équilibre entre la perfection et l'humanité. Il faut, dit-il, qu'il soit entendu que le mariage et la fornication ne sont pas deux maux de valeur inégale, mais que le mariage et la continence sont deux biens inégaux : le mariage d'une chrétienne est, par exemple, infiniment supérieur à la virginité d'une païenne, qui est une fornication devant le vrai Dieu \ Il vaudrait certes mieux dompter la concupiscence ' ; mais le mariage la sanctifie ', par une concession nécessaire, voulue de Dieu même '\ Les idées de Lactance, de Saint Jérôme, de Saint Ambroise, du compilateur des Cojistitiitions apostoliques se ramènent, en somme, à cette doctrine, à quelques nuances près ^ et les conciles la défendent très énergiquement. Les Canons apostoliques attirent l'attention des fidèles sur le mépris que certains professent à l'endroit du mariage : « Si quelque évêque, prêtre ou diacre ', ou tout autre homme attaché au sacerdoce, s'abstient du mariage... non par exercice d'abstinence, mais par horreur (oîa ^osXuptav), il oublie que... Dieu a mis parmi les hommes des êtres de sexes différents **; il blasphème, en calom-

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