‹ TertullienChapitre 297 sur 561 · Const. Apost., IV, II · texte numérisé non relu

Const. Apost., IV, II

11. Conc. Gangr., can. XVI, ap. Le Blant, De quelques principes sociaux, etc., p. 385, et Mansi, II, p. iio3-iio4.

l'Evangile. Le concile de Gangres ne prononce-t-il pas Tanathème à la fois contre quiconque, sous prétexte de piété, abandonne ses parents chrétiens et ne leur rend pas tout l'honneur qu'il leur doit ', et contre les parents qui abandonnent leurs enfants sous le même prétexte ^? La préoccupation de la vie éternelle, toujours présente à l'esprit du fidèle, gênera bien un peu le développement purement humain de ces sentiments de famille : les vrais chrétiens auront toujours de la peine à admettre, par exemple, qu'on s'abandonne à la douleur et aux larmes devant la mort d'un proche pour qui s'ouvre la vie véritable ' ; mais, dès que la position du christianisme dans le monde devient normale, la nature reprend en lui ses droits normaux et il ne tarde pas à revivre, dans la famille chrétienne, beaucoup des habitudes de la famille païenne de l'Empire.

En somme, TertuUien, et tous ceux des chrétiens qui pensent comme lui, ruinent la famille surtout parce qu'ils la croient inutile, partant de cette conviction préalable qu'ils assistent aux derniers jours du monde. Ils estiment donc que tous les soins et soucis de la vie de famille n'ont plus de raison d'être, qu'ils ne font que détourner l'homme de Dieu et le distraire de la préoccupation éminente de son salut. Si donc la dernière de ces deux considérations conserve sa valeur, même au cas où la mort du monde est retardée, la première, en revanche, tombe entièrement, car si le siècle doit durer, il n'est pas superflu d'y accomplir encore les œuvres que Dieu même a voulues. Or, dès l'époque de TertuUien, beaucoup de chrétiens ne croyaient plus, comme il le croyait encore, que le dernier jour fût si proche et ils se mariaient et ils avaient des enfants ; ils se fondaient sur les propres paroles de l'Apôtre et il fallait bien admettre, sinon qu'ils avaient raison, au moins qu'ils n'avaient pas tort. Le nombre de ces fidèles médiocres ira toujours en augmentant; d'abord et surtout parce que la foi, telle que la conçoit TertuUien et les nécessités qu'il y rattache, ne sont point le fait d'âmes communes et qu'en s'étendant, le christianisme ne rencontra pas que des héros ; en second lieu, parce que la simple durée du monde donna tort à la doctrine de TertuUien et

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