Renan, Apôtres, p. 304 et s
2. Apol., 39 : Oramus pro imperatoribus... pro statu saeculi, pro rerum quiète.
3. L'expression de ce que nous appelons une idée politique est d'ailleurs très rare chez les chrétiens avant le triomphe ; je ne connais guère qu'une
Reste à savoir quelle idée il se fait de TEmpereur, quel fondement et quelle étendue il prétend donner à la puissance impériale '. Les Romains avaient naturellement une opinion sur tout cela et il nous faut d'abord essayer de la déterminer, afin de marquer à la fois jusqu'où devaient aller, dans l'opinion commune, les obligations des sujets et en face de quelles habitudes politiques, de quelles idées admises TertuUien se trouvait placé.
11. — L'Empire, à la fin du if siècle, existe en fait; mais il n'est pas facile d'établir sur quoi il est théoriquement fondé. Si on remonte à son origine, il n'est autre chose que le césarisme, c'est-àdire un gouvernement personnel justifié par une délégation légale de la souveraineté du peuple. Le prince est une sorte de magistrat, investi de pouvoirs très élevés, mais non point absolu, car il est au moins tenu d'observer la loi, même quand il la fait ; il est électif et est conçu comme le premier des citoyens ^; il doit gouverner, sinon sous la dépendance du Sénat au moins avec le Sénat, dont les pouvoirs sortent, comme les siens, de la délégation populaire ". C'est là cette fameuse dyarchie a pensée maîtt^esse de la constitution d'Auguste », selon Mommsen '*.
A son début, ce régime se présentait comme une réaction de la légalité et de l'ordre contre les gouvernements d'exception et de désordre qui venaient de se succéder à Rome depuis vingt-deux ans '\ En supposant que vraiment cette séduisante théorie, exposée par Mommsen, ait été dans la pensée de quelques hommes politiques du premier siècle et même, ce qui est plus douteux, qu'elle ait été tout au fond de la pensée d'Auguste, la pratique ne s'en ressentit guère dès Auguste même. C'est que la souveraineté populaire ne
notable exception : un certain Procope, martyrisé en Palestine vers 3o3, est somme de sacrifier aux quatre empereurs et il répond : Haud bona res domini plures : hcrus unicus esto, Rex unus. Acta SS. Procop., etc. (Ruinart).
1 . Cette question a été souvent traitée et je n'ai point la prétention d'y apporter une solution nouvelle : )c veux simplement rappeler quelques idées très connues, mais nécessaires à l'intelligence des doctrines de TertuUien et des chrétiens en général sur l'Empereur.