Carm. Apolog
vers 809 : Ecce, iam ianuam, puisât et cingitur ense,
Qui cito traiciet Gothis irrumpentibus amne. Rex Apollyon erit cum ipsis, nomine dirus, Qui persecutionem dissipet sanctorum in armis Pergit ad Romam cum multa milia gentis Decretoque Dei captivât ex parte suhactos...
vers 923 : Luget in aeternum, qua; se iactabat aeterna
Cuius et tyranni iam tune iudicantur a summo. Stat tempus in finem fumante Roma maturum. Et merces adveniet meritis partita locorum.
2. Violet, Hist. des Inst. polit, de V ancienne France, I, p. 167, pense qu'à la fin du iv" siècle, il y a beaucoup de Romains qui, excédés des charges qui pèsent sur eux dans l'Empire, souhaitent la venue des barbares; il fournit quelques références intéressantes, iTiais il va peut-être un peu loin quand il parle d'un « mouvement d'opinion qui pousse les Gallo-Romains entre les mains des Barbares ».
3. Voy. partie. Amelineau, Le christianisme che^ les anciens Coptes, dans la Rev. de Vhist. des relig., t. XIV, p. 314. Il estime que la conversion en masse de l'Egypte au christianisme, à l'époque de Dioclétien, fut un fait plus politique
mettent de croire, en nous fondant sur Comniodien, que les chrétiens des basses classes y étaient pleinement détachés de l'Empire. Je ne veux pas dire que ce soit le christianisme qui leur ait donné cette indifférence parfois haineuse ; j'entends seulement que là où il la trouva, il la confirma et, en quelque sorte, la justifia par l'obligation qu'il imposa aux fidèles de se détacher de la terre pour aspirer au ciel.
Je conclus : TertuUien a pensé de la domination romaine ce qu'un chrétien du ni'' siècle, instruit et de bonne famille, en pouvait penser. Les écrivains chrétiens qui ont vécu après lui n'en ont jamais dit beaucoup plus qu'il n'en aurait dit lui-même s'il avait trouvé l'occasion de pousser ses principes jusqu'à leurs conséquences dernières : celles-ci d'ailleurs n'allaient à rien moins qu'à remplacer les nobles illusions qui soutenaient l'Empire par une indifférence fondée sur l'absolue soumission à la volonté de Dieu.
que religieux; les habitants de ce pays, durement ramenés à l'obéissance après une rébellion par le rude empereur, auraient vu dans leur changement de religion un bon moyen de lui déplaire. « Les chrétiens étaient, croyait-on, les ennemis de l'empereur; on se fit chrétien pour devenir ennemi de l'empereur, se moquer de ses dieux, insulter sa personne. » Voy. de m. Le Blant, Larichesse et le christianisme à l'dge des persécutions. Rev. arcli., août 1880.
I. Tertullien ne pose pas la question de principe. — II. Fondements et caractères du pouvoir impérial. — III. Doctrines de Tertullien et des chrétiens en général sur ce sujet. — IV. Théorie de l'obéissance aux puissances et restrictions qu'y apporte Tertullien.— V. Évolution des idées chrétiennes : l'Empire chrétien.
I. — Tertullien n'a pas plus contesté la légitimité du gouvernement impérial qu'il n'a contesté celle de la domination romaine. Il ne s'est pas demandé si ce gouvernement était ou non le meilleur que le monde pouvait connaître. Bien peu d'hommes sans doute se posaient encore cette question et songeaient à rétablir la république. Vraisemblablement, le regret de ce régime disparu faisait partie du bagage d'idées rétrogrades que les partisans acharnés du passé conservaient pour leur consolation; des politiques de cabinet, qui trouvaient le principe républicain conforme à leur idéal, en pouvaient faire le sujet de leurs rêveries; mais l'Empire était passé dans les mœurs et la république n'était plus possible '. Or, Tertullien n'est pas un spéculateur politique; il ne rêve pas de révolution et je dirais volontiers qu'il est pleinement conservateur, si, dans notre langage politique, ce mol ne voulait dire, d'ordinaire, réactionnaire \ Sans insister ici sur le détachement terrestre que professe le chrétien, il suffisait, pour que Tertullien s'inclinât, que la volonté de Dieu se fût manifestée par le fait accompli et l'opinion qu'il a du pouvoir de l'Empereur achève de nous prouver qu'il acceptait sans discussion le principe du régime impérial ^