‹ TertullienChapitre 323 sur 561 · Clém. Alex., Strom., IV, 5, 21 ; 22 ; 23 ; VII, i · texte numérisé non relu

Clém. Alex., Strom., IV, 5, 21 ; 22 ; 23 ; VII, i

4. Clém. Alex., Strom., IV, 6, 26; Qtiis dives, ig. Ambros., Expos, evangel. sec. Luc, V, 53 : paupertas enim média est.

5. La première tradition chrétienne relative à l'aumône était très large; elle se résumait dans les préceptes évangéliques de Luc, VI, 3o et de Math.,

V, 42 : xôj aÎTOuvT' tjE Soi;... Il est vrai que la Didaché recommande déjà la prudence dans les termes suivants, I, 6 : « Que ton aumône transpire dans tes mains jusqu'à ce que tu saches à qui tu donnes » (ISpwsri-ru -f, èXz-^ix.oiwr^ aoy, EÎî Ta; ysïpa; aou, [xs/P^^ ^'' T^^^ '^•'•'' ^'I'?)- Mais cette marque de méhance est, à ma connaissance, unique dans les premiers siècles, si bien qu'il est permis de se demander si on ne doit pas la considérer comme très suspecte. Les premiers Pères, en effet, S. Justin (/ ApoL, i5); Tertullien, {De idol., 22 et ApoL, jg), Clément d'Alexandrie {Quis dives, 3i et 33), S. Cyprien [Testim., III, i), répètent : donnez à qui vous demande ; n'entreprenez pas de choisir, vous pourriez vous tromper. C'est à peine si Clément {Strom., I, i, 10) dit, en passant, qu'il ne faut pas faire l'aumône au paresseux, parce que c'est encourager la paresse... Origène, Comment, in Math., XXIV, 46, serait aussi partisan de la prudence dans l'assistance des pauvres. Mais Lactance revient à la tradition; Inst. div.,

VI, i3, I : il avertit le chrétien que chaque fois qu'un pauvre le sollicite, c'est Dieu qui l'éprouve et Ambros., Ep. I, lxiii, 87, recommande également de ne

indistinctement, car il y a le mauvais pauvre comme il y a le bon riche '. D'autres même en viennent à se demander si la pauvreté ne serait pas une punition céleste "; d'autres encore à mettre en relief les inconvénients qu'elle présente, au simple point de vue de la foi : elle est mauvaise conseillère et détourne aussi de la vie nécessaire l'âme qui ne sait pas la supporter \ Le meilleur, pour l'homme, serait une honnête médiocrité qui lui assurerait le nécessaire, car les extrémités sont périlleuses ''.

Toutes ces opinions se résument et se fondent dans la doctrine de Saint Augustin sur la richesse; elle nous donne très bien l'idée du chemin suivi depuis Tàge apostolique et l'impression des hésitations qui demeurent parmi les fidèles, au moment où l'Eglise est obligée de prendre position vis-à-vis du siècle sur cette grave question. Un des correspondants de l'évêque d'Hippone lui avait soumis quelques doutes sur l'interprétation des textes et de la tradition relatifs à la possession des biens de ce monde, et voici, en substance, ce qu'il lui répondit — en 414 \ — Au dire de l'Écriture, Abraham, Isaac et Jacob ont été extrêmement riches et ils n'ont

pas repousser le pauvre, d'aller même au devant de lui s'il n'ose pas demander {De offic. ministr., Il, xvi, 77). En revanche, S. Augustin apporte une restriction [Ep., IV, ccLxii, 5 et s.) : il ne faut pas, sous prétexte d'aumône, mettre les siens dans la gêne et S. Jérôme, Ep., LIV, 12, tout en répétant, omni petenti te da, ajoute cette restriction ; sed maxime domesticis fidei. Selon les Constit. Apost., II, 4, il faut distinguer entre les pauvres, aider ceux qui méritent de l'être, écarter les autres, qui sont sévèrement appréciés (IV, 3), parce qu'ils retirent le pain de la bouche de vrais pauvres. Et on voit paraître cette idée que l'œuvre de discernement et de répartition de l'aumône regarde rÉglise; tout naturellement celle-ci tend à faire de l'aumône une sorte de dîme obligatoire dont elle a l'administration {Const. Apost., VII, 2g et II, 35 : le prêtre agit : ôtxs olxovô- [xov xal ôtoxTjT'î'iV xàJv èxx);T|0'[.3(TTixôjv Tcpayij-dtxojv).

1. Clém. Alex., Qiiis dives, 19 : Ceux qui ne sont que pauvres sont de faux pauvres ». Orig., C. Celse, VI, 16 : l'homme le plus naïf ne louerait pas tous les pauvres indistinctement, car il y en a de très vicieux. Pseudo-Cypr., Z)c duodccim abus saec, 8 : un riche humble de cœur peut paraître pauvre au milieu de l'abondance et un pauvre de biens peut être riche d'orgueil; il faut que l'humilité accompagne la pauvreté. Une inscription du vi"^ siècle (Le Blant, Inscr. chrét., I, n" 4o5), nous montre combien l'Église rapprochait l'humilité de la pauvreté : Domninus papa in nomine Christi pauper ep'iscopus. .. pauper est ici pour humilis. — Sur la distinction entre le bon et le mauvais pauvre, voyez également : Ambros., Expos, evang. sec. Luc, V, 53.

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