Hieron., Ep., XXII, 27 et'ii
2. Lact., List, div., VI, 12, 2 et Hieron., Ep. LU, 9, prouvent qu'il n'en allait pas toujours ainsi et que d'aucuns savaient tirer un profit matériel de l'aumône qu'ils faisaient.
3. Clém. Alex., Qiiis dives, 14 : la richesse est neutre par elle-même; 16 et 17, exposent très bien ce qu'il convient de penser du bon et du mauvais riche; celui qui sait que sa richesse lui vient de Dieu et rend à ses frères ce que Dieu lui a donné, qui sait qu'il est riche pour les autres plus que pour lui-même, qui commande à sa richesse et ne lui obéit pas, qui la fait servir à son salut et en supporte la privation avec le même calme qu'il en acceptait la jouissance, celui-là est vraiment le bienheureux pauvre en esprit dont parle le Seigneur et le royaume des cieux lui appartiendra. Bien plus, il n'entrerait pas dans ce royaume s'il rejetait ses richesses, parce qu'il ne saurait pas en supporter le fardeau. En revanche, celui dont le cœur est plein de ses richesses, le ferme à l'esprit de Dieu; il est comme un esclave courbé vers la terre et son âme est là où est son trésor; elle y sera encore quand viendra l'heure du jugement. — D'ailleurs, Clément le dit nettement, les chrétiens seuls l'intéressent; ce que font les païens lui est indifférent [Quis dives, 2 : twv àvor,Twv xr,; àVr.ÔEia;; ôXiyov [xot [xAet). Cette seule réflexion suffit à limiter la portée de ces doctrines chrétiennes à des préoccupations purement morales et religieuses. Clément a, en outre, été très préoccupé d'établir une distinction nette entre le vrai pauvre et le faux pauvre, entre le vrai riche selon Dieu et l'autre : On peut vivre aussi bieniop^i^;) au milieu des richesses qu'au milieu de la pauvveié (Strom., 1, 6, 35; Quis dives, 26). Pour gagner le ciel, le riche doit rechercher avec soin les pauvres, les supplier d'accepter ses dons : le marché sera toujours avantageux pour lui {Quis dives, 32). — Pedag., III, vu, 39 : èàv T:>.rj'jTri [j.sTa5Ô7£i atoO-Z^ffc-ca'.. — Cypr., De oper. et eleem., 5, insiste sur la puissance de l'aumône; c'est de l'argent placé chez Dieu à gros intérêt. — Il semble bien, telle a été l'attention donnée par l'Église à l'aumône, que quelques chrétiens aient vu de bonne heure en elle la justification, la compensation de tous les écarts; Augustin, De Civ. Dei, XXI, 17, les met en garde contre cette erreur, de même que Lactance, Inst. div., VI, i3.
4. Lact., Inst. div., VI, 12, 16 : proprium igitur iustorum opus est alere pauperes ac redimere captives; VI, 12, 23 : il faut que ceux qui meurent pour Dieu puissent le faire sans s'inquiéter des femmes et des enfants qu'ils laissent derrière eux; August., Sermo . de disciplina christiana, YIU, 8 : les richesses sont un fardeau que l'aumône allège; Ambros., De Nabuthe Je^raclita, VII et VIII : celui qui répand l'aumône ne fait que rendre ce qu'il doit.
5. Clém. k\cy.., Quis dives, 41 : .. .à'vOpuTcov %ioû naôâ-Tisp i\zilz■z■r^'i xat x'jgîpvTix7]v. — Tout ce développement est très curieux.
6. Le contraire, en revanche, est dit par Clément Alex., Quis dives, 26 : à quoi
vreté soit nécessaire '. Partout, au contraire, s'affirme cette idée que le riche sera sauvé s'il prend la précaution de ne pas se vanter de sa richesse ^ de n'en pas humilier les pauvres ^, de ne pas la garder en avare \ de la fuir même si elle le prend trop \ Les moralistes chrétiens — chacun selon son tempérament propre — disent bien que la pauvreté est honorable *^ et qu'elle est éminente devant Dieu ^ ; qu'elle a ses avantages, car elle débarrasse l'homme de beaucoup de préoccupations et de soucis, elle est excellente pour sa santé ^ elle stimule son activité et son génie ''; qu'elle n'est jamais
servirait-il que la terre produisît des richesses, si elles ne devaient jamais mener qu'à la mort de l'âme ? — Le Qiiis dives salvetiir a dailleurs été écrit tout exprès pour justifier la richesse chrétienne : c'est comme le code du parfait riche selon Dieu. — Qiiis dives, i5 : ce qui importe au salut, c'est ce qui est dans l'âme et on aurait beau abandonner ses richesses, si on n'abandonne pas ses passions, le salut ne progresse pas; même idée ap. Qiiis dives, 18. 11 faut bien qu'il y ait des riches pour que l'aumône soit possible : Quis dives, i3.
1. Clém. Alex., Quis dives, 17 : Malheur à ceux qui, ne possédant rien, ne sont point affamés de justice.
2. Clém. Alex., Quis dives, 20; Pedag., II, III, Sg ; Cypr., De opère et clcemos., 8 : Qui autem timorem Dei servat in miserationibus pauperum Deum cogitât; Ambros., Hexaem., VI, VIII, 53 : Fugienda igitur et cavenda teutamenta mundi... ne opulens indolescat ; ne pas dire : Virtus mea et manus mea hanc mihi possessionem paravit ; il n'y a pas là de quoi se vanter.
3. Clém. k\e^., Pedag., II, i, 11, précise cette idée, en affirmant que c'est outrager les pauvres que de trop manger et boire; Augustin, Sermo LXXXV, 6, est rempli de conseils pratiques à l'usage des riches.
4. L'avarice et la manie de thésauriser sont très odieuses aux chrétiens; voyez particulièrement : Clém. Mcx.^Pédag. 11,111, 39;Cypr.,Z)e opère et elecm., i3; Hieron., £'^., XXII, 32 : radix omnium malorum est avaritia; Const. apost., IV, 4 : l'avare ne croit pas à Dieu, mais à son or, dont il fait son Dieu et l'auteur énumère tous les vices qui découlent de celui-là, depuis le mensonge (u-oxpiTr,; 3(XT,6eiaî) jusqu'à la misanthropie (sauToû èyQpèi; xal oôosvôç oiXo?). Dans une inscription funéraire (Le Blant, Inscr. chrét., I, n" 458 T.), un chrétien se vante fort d'avoir triomphé de l'avarice : Vicit avaritiam quae vincere cuncta solebat.
5. Clém. Alex., Quis dives, 24-25 ; Cypr., De lapsis, 35; Ad Douât., i i ; il avait lui-même distribué ses biens aux pauvres : Pontius, Vita et Passio, 11.
6. Ambros.,/» Psalm., CXVIII, Expos., 26 : qui irridet paupcrem exacerbât eum qui fecit illum; Expos, evang. sec. Luc, VII, 55 et VIII, 6; Epist., I, LXllI, 87 : noli pauperem contemnerc, ille te divitem fecit — aux yeux de Dieu, par l'aumône que tu lui peux faire; Hieron., Ep., C, i5 : non nos humiliet duritia paupertatis, non extollant divitiae, quae stultissimos hominum dcprimere et elevare consueverunt.
7. Orig., C. Celse, VII, 18, affirme que les hommes les plus justes ont vécu dans une extrême pauvreté. — Cypr., De opère et eleem., 16; 17; Ambros., De excessu fratris sui satyri, I, 5; In Psalm. XXXVI, Enarr., 44; In Psalm. XXXV, Enarr., 3 et 4 ; In Psalm. CXVIII, Expos., 34 : Christus in pauperc atque despecto mundum redemit.
8. Selon Clém. Alex., Strom., IV, 5, 23, il y a du pour et du contre et l'auteur l'établit par diverses citations de philosophes et de poètes ; Arnbros., Hexaem., VI, viii, 5i : prodest illi inopia sua, exercet corpus, non opprimit.
9. Ceci est une idée de Min. Félix, Octav., 16, qui, à l'objection : les chrétiens sont des gueux, riposte : ce n'est pas aux riches, trop occupés d'eux-mêmes, c'est aux pauvres de génie que l'humanité doit le plus.
assez absolue, d'ailleurs, pour que le juste ne la puisse tolérer ', car il jouit au moins, comme le riche, de la splendeur du monde '' ; mais certains avancent déjà que la pauvreté, en elle-même, n'est pas plus un bien que la maladie ^ que de sa nature elle est neutre \ qu'il y a pauvre et pauvre et qu'il ne faut pas donner l'aumône sans discernement^, que le royaume de Dieu n'est pas promis à tous les pauvres
1. Cette idée revient plusieurs fois sous la plume des écrivains chrétiens et rien, à mon sens, ne prouve mieux combien peu ils ont de préoccupations sociales, car une telle proposition est socialement absurde (Ambr., Hexaem., VI, VIII, 5i : nec tamen audivimus iustum derelictum et semen eius quaerens panem). Elle est soutenable si on ne l'applique qu'au chrétien, à la fois parce qu'en théorie, Dieu ne l'abandonne jamais (Clém. Alex., Pedag., Il, i, 14) et parce que, pratiquement, l'Église forme une vaste société de secours mutuels, qui veille sur ses membres. Pour le chrétien, l'usage se réduit à l'utile et l'utile au nécessaire {Pedag , II, m, 39) ; le nécessaire lui manque rarement; Clément le dit très bien, Pedag., III, vu, Sg : « Quelqu'un prétendra peut-être qu'il a souvent vu un juste manquer de pain; cela est rare (aTrâviov jxâv xoûxo) et ne se produit que là où il n'y a pas un autre juste. » Au reste, l'homme ne vit pas que de pain, mais aussi du Verbe de Dieu, lequel ne manque jamais au chrétien. C'est là, évidemment, ce qui explique les affirmations de Clém. d'Alexandrie et de S. Ambroise, comme celles de S. Cyprien, De opère et elee»i., 9-12. — Les Pères trouvent cependant des accents très touchants pour peindre la misère humaine et exciter la pitié à son endroit; Voy., par exemple, dans Ambroise, De Nabuthe Je:^raelita, V, 21 et s., le très pathétique tableau du pauvre à bout de ressources : il se demande lequel de ses enfanis il va vendre pour éviter la prison et ne pas mourir de faim avec tous les siens... et le moindre caprice de toilette d'une femme suffirait à le libérer. Zeno, Lib. I, Tract., III, VI, établit que refuser l'aumône à un pauvre qui meurt de faim équivaut à le tuer.
2. Ambros., Hexaem., VI, viii, 52 : ... patent aeque divitibus atque pauperibus ornamenta mundi... Domus dei diviti est communis et pauperi; et il insiste, dans un assez joli développement, pour prouver au pauvre qu'il a tort d'envier le riche, car la nature lui fournit gratuitement plus beau que tout ce que donne la richesse. Est-ce que le riche qui cherche en vain le sommeil dans son lit d'ivoire n'envie pas le pauvre qui trouve le sien sur le gazon ?