Philostr., ApolL, IV
2. Acta S. démentis Ancyrani, 14, BolL, 23 janvier, cite par Le Blant, Actes des M., Sect., II, § 1 10, p. 261.
3. Epigr.^ 17 : "E^ (Lpai [j.076q:î '.y.avojxïTa'., a" 5â |j.et' aOtà; ypaauâs'. Oîivcvjaîvai Çï,6i /.Éyouo't ppojTOÏ;.
bilité entre le travail et le salut, et jugèrent que l'essentiel était que chacun, évitant d'être à charge aux autres, commençât par se suffire à soi-même. Le premier point de vue est celui de Jésus dans le Discours sur la montagne : le fidèle ne doit s'inquiéter ni de sa nourriture ni de son vêtement, mais il n'a qu'à chercher le royaume de Dieu et sa justice ; Dieu sait ce qui manque à ses serviteurs et il ne les laissera pas plus mourir de faim qu'il ne laisse périr les oiseaux du ciel, qui pourtant ne sèment pas \ L'autre thèse est nettement posée et soutenue par Saint Paul. « Tenez à honneur de vivre tranquilles, occupez-vous de vos affaires, travaillez de vos mains, arrangez-vous pour n'avoir besoin de personne »; tel est le thème constant de ses instructions aux Thessaloniciens et aux Corinthiens \ En les leur envoyant, il ne manquait pas de leur faire remarquer qu'il avait toujours prêché d'exemple et qu'il avait vécu parmi eux de son métier, bien que sa mission d'Apôtre pût l'en dispenser '. Normalement plus humaine et plus pratique que l'autre, la solution de Saint Paul devait triompher, par la force même des choses ; mais, comme l'autre était évangélique, consacrée par des textes précis, agréable aux esprits exaltés et mystiques, autant que commode aux paresseux, elle devait toujours garder, à des degrés divers, des partisans et des fidèles ^ Tant que le christianisme fut recruté dans les basses classes, la nécessité du travail était si matériellement évidente, qu'il ne semble guère possible qu'elle ait été contestée. 11 ne paraît même pas que le communisme de la première église de Jérusalem ait toujours suffi à garder tous ses membres de la misère \ Aussi, dans les textes les plus anciens, est-ce la thèse de Saint Paul qui est soutenue et prônée. Mais, à travers ces textes eux-mêmes, il n'est pas impossible de voir qu'elle n'est pas acceptée de tout le monde. Les désœuvrés qui ne font rien, dit Clément Romain, ne sont que des inutiles; ils vont parlant en l'air comme ces veuves paresseuses et bavardes qui tournent autour des maisons et se répandent en commérages. C'est la bonne doctrine qui est le prétexte de leur oisiveté; mais qu'attendre d'esprits inquiets qui ne comprennent ni ce qu'ils disent, ni ce qu'ils affirment? Pourtant, ils se posent en docteurs : Patience! C'est une prétention qu'ils paieront cher au jour du