Ménippe, 17; Fugitifs
9. De idol., i5; par exemple la vente d'encens ou de victimes pour les sacrifices.
Cependant, Tertullien est hostile au commerce. Il dit bien, dans ï Apologétique : « Nous aussi nous faisons le commerce '; mais, dans cettte déclaration, il faut voir l'affirmation et non l'approbation d'un fait certain, à savoir, qu'il y avait des chrétiens qui commerçaient. Ailleurs, il exprime sa véritable opinion sur le commerce, lorsqu'il l'associe au mariage : « Le mariage et le commerce sont les deux vices du siècle '. » C'est que le commerce suppose la cupidité et le mensonge; il est bien difficile au trafiquant de se contenter du gain strictement légitime; car, si on retranche la cupidité, le commerce n'a plus de raison d'être '. Il est donc certain que si Tertullien ne l'interdit pas absolument, ce qui pouvait être difficile de son temps, il est frappé très vivement des inconvénients moraux qu'il présente; aussi ne lui garde-t-il aucune sympathie et souhaiterait-il en son cœur de le voir disparaître. Au reste, il tient en réserve de quoi l'entraver; il lui interdit l'engagement par serment '', le prêt à intérêt ^ et les échéances régulières ^; le juste ne reçoit pas plus qu'il n'a donné, sous peine de tomber dans l'usure; il ne doit pas hésiter à remettre la dette au débiteur insolvable, et ces jours d'échéances régulièrement fixés, sont fondés sur de vaines superstitions auxquelles un chrétien ne saurait se soumettre. Si donc, on appliquait strictement les idées de Tertullien, la société chrétienne devrait n'être faite que de petites gens, petits ouvriers et petits commerçants, préoccupés uniquement de subsister ici-bas aussi modestement que possible. Le chrétien n'a qu'à gagner sa vie, en attendant la fin prochaine du monde; la richesse lui est inutile et même le désir qu'il en aurait serait nuisible à son salut. Tertullien se méfie de la nature humaine et craint la tentation.
La pratique chrétienne avait déjà élargi les cadres dans lesquels il s'efforce d'enfermer ses frères; les inscriptions nous montrent, en etîet, malgré la rareté des indications de profession qu'elles nous fournissent, que les chrétiens faisaient à peu près tous les métiers, même ceux qui, au premier abord, leur semblaient rigou-